• 1

Bayonne (11/08/2013 - tarde) :..Escribano s'impose,Aguilar s'expose,Castaño implose

Photo : Philippe Latour
Photo : Philippe Latour
Face à une corrida de Dolores Aguirre exigeante car compliquée de par la mansedumbre générale exprimée, Manuel Escribano a confirmé son ascension dans l’escalafon du moment. Alberto  Aguilar sans ses difficultés récurrentes avec l’épée aurait pu l’accompagner dans le triomphe, quant à Javier Castaño, les limites de sa tauromachie semblent désormais être atteintes.

 

De belle présentation générale, les  toros du jour ont fait planer du danger (au moins les quatre derniers) mais seul le cinquième qui fut le plus complet offrait quelques séries possibles dans le dernier tiers.

Face au faible premier qui fléchit plusieurs fois en cours de faena, Javier Castaño  ne put vraiment livrer de faena,  se contentant de passes à mi-hauteur dans un ensemble décousu. Final laborieux au descabello. Le quatrième fort compliqué dès sa sortie en piste regardait par-dessus les barrières à chaque sortie de passes. Mis en difficulté dès la cape avec laquelle il dut battre retraite et malgré le dur traitement que lui infligea Tito Sandoval , Castaño frôla la panique et après une faena sans queue ni tête, connut un final avec les aciers pour le moins délicat. Après une kyrielle de descabellos il écouta les sifflets de la foule en colère.

Manuel Escribano avait décidé de frapper un grand coup. Puerta gayola pour commencer, banderilles faciles et applaudies, il ne put vraiment obtenir de succès avec ce toro qui dès que la passe se donnait vers l’extérieur se précipitait vers la barrière. Impossible pour l’andalou de lier les passes. On l’invita à saluer pour s=récompenser la bonne volonté. Re-belote au cinquième pour une nouvelle puerta gayola et une série de véroniques bien guidée. Plus puissant que brave, l’Aguirre prit gaillardement trois piques fort applaudies, et se prêta au jeu des banderilles qui permit à Escribano de chauffer le public. L’entame de faena fut de grande qualité, le mérite principal du torero fut de baisser la main sur cette entame et de garder l’animal dans un terrain réduit. Au bout de trois séries, toro et torero baissèrent de rythme l’un en se décentrant ; l’autre en se réservant. L’accrochage qui eut lieu dès la deuxième manoletina de conclusion dramatisa le moment et comme le torero plongea derrière son épée pour une entière rapidement concluante, le public exigea et obtint les deux oreilles.

Alberto Aguilar fut très professionnel tout l’après-midi. Face au troisième de fort gabarit et fort réservé dans tout ce qu’il entreprenait, le madrilène après avoir fait châtier durement deux fois son adversaire  servit une faena exclusivement droitière sans céder de terrain. Estocade entière à bout de bras.Oreille Au dernier qui là aussi ne se fixait pas dans la cape, et après trois dures te très mauvaises piques, Aguilar batailla pour garder le Dolores au centre mais dut se rendre à l’évidence que dès la troisième passe, il fallait courir après son adversaire. Il se résolut à un travail valeureux dans la querencia de l’animal. Mauvais avec l’épée, l’oreille et la sortie en triomphe s’évapora dans le ciel bleu du pays basque.  

 

Philippe Latour

 

Bayonne  – 2/3 d’arène 

6 Toros de Dolores Aguirre

 

 Javier Castaño                 silence/sifflets

Manuel Escribano            saluts/2 oreilles

Alberto Aguilar                 oreille/ovation

 

Voir le reportage photographique : Philippe Latour