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Maubourguet (20/08/2017) : Hector Guttierrez et Yon Lamothe se partage le trophée Val d’Adour...

@Guy Lamon
@Guy Lamon
Après le succès de l’édition 2016, avec un lot d’erales considéré comme le meilleur présenté dans le Sud-Ouest, les organisateurs de Maubourguet ont décidé de renouveler l’expérience Coquilla pour leur novillada non piquée annuelle. Ils ont choisi de proposer aux deux cousins Javier Sanchez Arjona et José Sanchez Fabrès un défi ganadero.

Avec trois erales du niveau de ceux combattus l’an passé c’est Javier qui a gagné d’une courte tête la compétition. Pour José, hormis un premier eral faible et soso, les deux autres très exigeants sont allés à mas. Il leur a juste manqué un peu de forces pour rivaliser avec leurs « cousins » de la ganaderia Sanchez Arjona. Les deux ganaderos ont été appelé à saluer. On retrouvera les Sanchez Fabrès à Saint Sever, le 11 novembre au matin.
Il serait dommage qu’en 2018 Maubourguet, ou un autre organisateur, ne tente pas l’expérience Coquilla.
Les trois jeunes novilleros qui leur ont été opposés, ont sûrement beaucoup appris. Ils ont fait front avec courage et même réussite à la muleta. Malheureusement ils ont été souvent trahis par les aciers.

Le premier est un Sanchez Fabrès. Très haut, maigre et bien armé, il est juste de forces. Le mexicain Hector Guttierrez commence sa faena à droite par une série de derechazos profilés. Le toro est soso. Il répond au cite du torero avec beaucoup de naïveté et peu d’alegria. Il transmet peu. Le novillero est très élégant et enchaine une bonne série à gauche. Le reste de la faena est bien exécuté mais manque d’intérêt, à cause de la soseria du novillo et du torero profilé de Guttierez, et devient ennuyeux. Le mexicain anime la fin de sa prestation par des muletazos très élégants et templés. Il tue mal d’une vilaine épée en avant, rapide d’effet et coupe quand même une oreille.

Joao D’Alva s’était présenté dans le Sud-Ouest à la Fragua. Il ne s’était pas qualifié pour la finale mais avait montré quelques détails intéressants. Le second eral est un Sanchez Arjona. Dans le type de l’encaste Il humilie et repète dès les premiers muletazos. Le jeune portugais pose deux bonnes paires de banderilles puis s’y reprend à deux fois pour réussir un bon quiebro. A la muleta, le novillo continue à charger en venant de loin, baissant la tête et répétant sans baisser de rythme. D’Alva utilise sa caste pour enchaîner de bonnes séries des deux mains. Le Coquilla prend le dessus en fin de faena et quand Joao récupère l’épée véritable, le toro a encore beaucoup d’énergie de passes dans les pattes. Le novillero, qui n’a pas dominé son opposant à du mal à le cadrer. Il perd ses moyens avec les aciers, reprend l’épée après un pinchazo, une mete y saca et six descabellos pour placer une entière très en avant et tombée mais concluante.

Yon Lamothe, après avoir triomphé le matin à Rion, reçoit avec beaucoup d’élégance et d’efficacité le troisième eral de l’après midi (Sanchez Arjona). Le novillo s’avère noble. Mais très exigeant et violent, il ne pardonne aucune erreur. Dès le début de la faena, il prend spectaculairement l’élève d’Adour Aficion. Malgré une voltereta très impressionnante, Yon se relève sans trop de mal et double son opposant. Il enchaine des séries courtes, avec son élégance habituelle et un certain poder. Il lie six intéressantes séries des deux mains. Le landais perd le ou les trophées gagnés à la muleta, en tuant mal.

Le quatrième est bien reçu à la cape par Hector Guttierez. Le Sanchez Arjona va aller à mas tout au long de la faena. Le mexicain est en dessous des possibilités du toro sur les premières séries. Il met bien le toro à distance, cite de loin mais torée sans se croiser et sur le pico. En même temps que le toro s’améliore, le novillero va lui aussi à mas. Les dernières séries sont plus sincères, plus templées en adéquation avec les qualités et le potentiel de Tallador. Après les traditionnelles circulaires, Guttierez revient à des choses plus classiques et les passes d’adorño finales sont de très belle facture. Le jeune torero retrouve en fin de faena, le niveau qui lui avait permis de triompher à Arzacq, en début de saison. Comme Yon, le mexicain tue mal. Le novillo est crédité d’une vuelta al ruedo à l’issue de laquelle, le public invite le novillero à faire lui aussi un tour d’honneur mérité.

Le cinquième est un Sanchez Fabrès haut et charpenté. A sa sortie de piste, il est faible. Tardo, il ne se livre pas. Joao D’Alva rate son tercio de banderilles. Au troisième tiers, il ne pèse pas sur les premiers muletazos à un bicho qui le met en difficulté. Le novillo, en vrai Coquilla, prend confiance et s’améliore de séries en séries jusqu’à charger avec alegria et à répéter comme l’ont fait plus spontanément les erales de Sanchez Arjona. Il reste exigeant n’autorise pas l’erreur mais permet au jeune portugais d’élever son niveau. La fin de faena est bien meilleure que le début et permet à D’Alva de couper une oreille après une entière en avant légèrement tombée.

Le dernier (Sanchez Fabrès) est lui aussi bien présenté. Il est très bien banderillé par Morandilla. Il est naturellement plus noble que le cinquième mais lui aussi s’améliorera (plus rapidement) en cours de faena. Il chargera avec alegria et répètera avec un certain piquant dans la muleta de Yon Lamothe. L’élève d’Adour Aficion se met au niveau de l’eral pour lier de bonnes séries à droite et à gauche. L’opposition est sérieuse et la tauromachie de Yon est surtout efficace, appliquée, avec moins d’adorños que d’habitude, mais reste très élégante et surtout sincère. Il se fait désarmer sur une naturelle et la série suivante, la dernière de la faena, est brouillonne. Après un pinchazo, Yon place une entière en avant mais très rapide d’effet. La présidence sous la pression du public accorde deux oreilles, on peut débattre sur l’opportunité de la seconde.

Le trophée du Val d’Adour et le prix des organisateurs du Sud-Ouest sont fort justement partagés entre Hector Guttierez et Yon Lamothe.
Cette très entretenue novillada confirme l’intérêt que devraient avoir les jeunes toreros pour les novillos d’encaste Coquilla. Ces derniers sont nobles, répètent et vont à mas tout au long de la faena. Ils permettent aux novilleros de lier des séries à un animal et qui met en relief leur travail grâce à l’émotion que transmet une charge qui ne faiblit jamais.

 

Fiche technique
Arènes de Maubourguet, novillada non piquée des Fêtes 2017
3 erales de Coquillas de Sanchez Arjona (3, 4,5) et trois de Sanchez Fabrès bien présentés, donnant du jeu, avec du fond et allant à mas du début à la fin des faenas pour :

Hector Guttierez : une oreille, vuelta
Joao D’Alva : un avis et silence, une oreille
Yon Lamothe : un avis et silence, deux oreilles

Vuelta au quatrième eral (Sanchez Arjona)
Salut des deux ganaderos à l’issue de la course/
Président : Philippe Tort (Garlin)
Le trophée du Val d’Adour est attribué à Hector Guttierez et Yon Lamothe
550 spectateurs environ (fréquentation en hausse par rapport à 2016)
Musique : Al Violin
Météo agréable
A l’issue du paseo une minute de silence a été observée à la mémoire du grand aficionado qu’était le sénateur François Fortassin et d’Ivan Fandiño.

Thierry Reboul