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Châteaurenard (23/07/2017) : Corrida Triomphale !!!...

©Daniel Chicot
©Daniel Chicot
En ce dimanche, l'association C.A.T, organisatrice de la feria châteaurenardaise, clôturait cette édition 2017 de "Fiesta y Toros" par une corrida au cartel très alléchant. Au programme, six toros d'origine Santa Coloma de "La Quinta" pour les diestros français Roman Perez, Thomas Joubert et Thomas Dufau.

Roman Perez se mit instantanément en évidence par un capoteo dynamique à base de veroniques, chicuelinas et revolera. Le toro de La Quinta n'afficha aucune bravoure lors du tercio de piques, gardant la tête haute et s'endormant contre le peto. Après un brindis à sa petite nièce, Romain débuta par des doblones ajustés, ponctuant par un changement de main et un long pecho. Le pensionnaire de la famille Conradi montra sur les premiers échanges droitiers une belle noblesse avec de très douces embestidas, ce qu'il confirmera tout au long du dernier tercio. Sous la musique, le natif d'Arles en profita pour l'embarquer dans de précieuses séries ambidextres, bien rythmées et templées, connectant ainsi avec un public conquis. Il remata cette belle prestation par une entière sin puntilla au deuxième envoi. Oreille.
Le quatrième se montra brave sous le fer de Marc Allien, poussant la monture avec force et détermination. Brindis de Romain à ses compañeros du jour. Au dernier tercio, l'astado donna du jeu mais sans grande transmission. Même si le tout pouvait parfois manquer d'intensité, Romain put développer une tauromachie classique de bon goût, connaissant les meilleures séquences sur la corne droite. Une demie épée d'effet lent vint conclure les débats et le diestro put promener un autre appendice, synonyme de sortie à hombros.

Le deuxième du lot, dévolu à Thomas Joubert, se montra très distrait à sa sortie en piste avant que le torero ne lui distille cinq magnifiques veroniques pieds joints, conclues par une revolera tracée au ralenti. Après une unique ration de fer rectifiée, l'Arlésien se distingua par un quite par tafalleras, faisant parler son stoïcisme. Thomas initia sa faena par une arrucina de loin, très osée, faisant frémir l'assistance. Hélas après une série droitière de qualité, déclenchant ainsi la musique, le toro se montra maniable mais manquant cruellement de chispa. Cela n'empêcha pas Thomas de transmettre l'intensité que son toro ne possédait pas grâce à une tauromachie tout en émotion. Sans bouger les zapatillas même lorsque le toro frôlait la fémorale, il réalisa une faena très fine et verticale, pimentant le tout par des passes de las flores et circulaires parfaitement imprimées. Il termina cet ensemble plaisant par une tanda de bernardinas rapprochées et tua d'un grand coup de descabello après une épée atravesada. Oreille.
Thomas Joubert salua le cinquième par un capoteo fleuri et soigné, avant de le conduire face au lancier pour une prise de châtiment, reçue avec une bravoure affichée. Brindis au public. Thomas mit seulement quelques secondes à faire déclencher les accords musicaux après une entame par statuaires allurées, enchaînées par une surprenante circulaire main gauche. Mais au fil des passes, constatation faite que le cardeno avait moins de choses à proposer que ses frères, se montrant manso, sans classe ni transmission. Thomas, très appliqué et volontaire, parvint à lui construire une faena honnête et variée. Une mise à mort en trois assauts n'empêcha pas le public de demander une oreille, accordée par la présidence. Oreille.

Le troisième de la tarde mit la panique en piste en passant par le callejon après avoir soulevé les planches jouxtant un burladero. Au tercio de piques, l'astado se montra limité en bravoure sur une monopique mal donnée. A la muleta, le bicho se révèla être un très bon et classieux collaborateur, supérieur en tout point sur le piton droit. Trouvant la distance idéale et faisant preuve d'intelligence en laissant bien respirer son toro entre chaque série, le Landais livra une partition de très haute facture. Laissant bien courir la main, parfaitement posé sur les reins, main basse, il embarqua magnifiquement le toro de la Quinta dans des tandas de derechazos très profondes et remplies d'intensité. Par contre sur la zurda, l'astado fut nettement moins intéressant. Alors qu'il s'apprêtait à tuer le bicho, une pétition d'indulto partie du callejon monta progressivement sur les tendidos jusqu'à l'obtention de la grâce sous une division d'opinions. Deux oreilles symboliques et vuelta al ruedo en compagnie du ganadero et du mayoral.
Le dernier de la tarde brilla lors du premier tercio, au cours de deux contacts pris en brave. A l'ultime tiers, le toro de la Quinta fit preuve de noblesse sur tribord avec des charges pleines d'alegria mais plus collant sur bâbord. Thomas, sûr de son toreo et précis dans ses toques, régala une fois de plus le public en enroulant majestueusement son opposant dans de précieuses séries de derechazos, dans un corte au cachet très esthétique et ressenti. Il ajouta à cette haute partition des séries très allurées de molinettes ou de passes aidées par le haut, pour le plus grand bonheur des tendidos. A la suerte suprême, il ne trembla pas et estoqua d'une lame entière d'effet immédiat, libérant logiquement les deux oreilles du palco présidentiel. Deux oreilles et vuelta posthume au toro.


Arènes de Châteaurenard (13)
Dimanche 23 juillet 2017 à 18h
6 toros de "La Quinta" (Cordoue)
8 rencontres avec la cavalerie de Philippe Heyral
Poids : 490 , 520 , 505 , 510 , 497 , 485.
3/4 d'arènes
Temps estival
Durée : 2h40

Roman Perez : Oreille / Oreille
Thomas Joubert : Oreille / Oreille
Thomas Dufau :Deux oreilles symboliques après avis / Deux oreilles

Les trois toreros sortirent à hombros par la grande porte en compagnie du ganadero et de son mayoral.
"Estornino" , numéro 46 , pesant 505 kilos né en Octobre 2012 fut gracié par Thomas Dufau.
"Pajaro" , numéro 35, pesant 485 kilos, né en octobre 2012, fut primé d'une vuelta posthume.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : Daniel Chicot