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Eauze (07/07/2013) : la seule oreille pour Matías Tejela.

Photo : Roland Costedoat
Photo : Roland Costedoat
Nous avions, à la sortie des arènes Nimeño II un goût d'amertume, et pourtant, tout n'avait pas été négatif en ce dimanche éluzate. Pourquoi ce sentiment d'inachevé ? D'abord les toros de Margé: bien présentés sauf le second, pauvre de tête, ils ont déçu dans l'ensemble.

Le premier fut pourtant un excellent toro, très complet. Il prit deux piques puis se livra avec de la transmission, répétant ses charges sans souffler dans la muleta de Tejela. Le second, noble, manquait de vibration et le troisième avait aussi ses qualités sans avoir le fond du premier. Les trois suivant s'arrêtèrent, se défendant sur place; ils ne permirent pas aux coletudos, pourtant bien disposés de s'exprimer comme ils l'auraient souhaité.

Matias Tejela, sans forcer son talent, montra avec son bagage de vieux routier, les qualités du tambour major: faena habile, technique qui monta aux gradins. Il y eut de bonnes séquences sans que le torero ne s'engage vraiment. Il tua en deux temps et coupa un trophée demandé largement. Il plia rapidement les gaules face à son second qui avait renversé la cavalerie à deux reprises. Il n' y avait pas d'option.

Alberto Aguilar n'avait pas avec le second, un adversaire à la mesure de son toreo, décidé et courageux. La fadeur de l'opposant ne lui permit pas de donner sa mesure. Il passa sans peine ni gloire et cala par la suite: son second Margé étant un os avec lequel il était vain d'insister.

Thomas Dufau qui avait accueilli son premier adversaire par deux largas de rodillas, offrit une belle séquence à la cape mais c'est à la muleta qu'il bâtit le meilleur travail de l'après-midi. Après l'avoir brindé à son ami Gérard Ducès, il reçut son opposant au centre pour trois changés dans un mouchoir de poche qui donnèrent le ton. La faena fut menée tambour battant avec temple et par le bas. Il y eut de beaux et longs pechos, des circulaires inversées bien venues et un final par manoletinas qui vint parachever l'ensemble. De la belle ouvrage gâchée hélas à l'épée: deux pinchazos et une entière. Thomas passa ainsi à côté d'un succès marquant, mais on put mesurer l'ampleur de ses progrès et la profondeur de son potentiel. Le Thomas nouveau est arrivé! Le dernier ne laissant aucune possibilité il conclut rapidement, en deux temps.

 

Pierre Vidal

 

Plaza de Toros de Eauze.

Toros de Robert Margé, bons les 1er de grande classe et 3ème, très noble, les autres manquant de force.

 

Matías Tejela, oreille et silence

Alberto Aguilar, saluts et silence

Tomas Dufau, saluts et silence

 

Voir le reportage photographique : Roland Costedoat