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Maubourguet (21/08/2016) : Rafi et Cissé coupent une oreille à d’excellents Coquillas de Sanchez Arjona...

Dans le Sud ouest, à la fin de cette temporada, il sera difficile de déterminer les meilleurs lots de toros et d’erales. Pour les corridas ce sera par manque de candidats potentiels, pour les non piquées ce sera parce qu’il y a trop de vainqueurs possibles. Aux José Cruz de Bougue et Dax, aux Lartet de Vic, aux Sainte Cécile de Plaisance sont venus s’ajouter, ce dimanche, les Coquillas de Sanchez Arjona de Maubourguet. Joliment présentés bien que gachos, ils sont sortis encastés et ont donné du jeu tout en étant toréables. Tous sont morts bouche fermée.


Autrefois prisée des vedettes, cette encaste a été victime des diktats de certaines arènes qui ne juraient que par les gros bichos très armés. Il ne faut pas oublier que la corrida n’est pas un défilé de comice agricole, mais le mélange paradoxal de la fête et du combat. Quelques éleveurs ont, heureusement, conservé des toros de cette race. Quand on voit les prestations des Sanchez Fabres à Saint Sever en 2014 et des Coquillas de Sanchez Arjona de ce jour, on ne peut que les encourager à continuer.
Face à eux, trois jeunes toreros ont peaufiné leur apprentissage en se confrontant à un encaste exigeant mais qui offre de réelles possibilités de triomphe.

Le premier humilie dans le capote de Carlos Olsina dès sa sortie en piste. Il poursuit et remate après les banderilleros. A la muleta, il vient de loin et charge et répète avec alegria. Il a une excellente corne droite. Carlos Olsina se croise et l’embarque sur de bonnes séries de derechazos avec toujours le petit défaut esthétique d’être cassé en deux au moment d’allonger la passe. Le toro a beaucoup de caste et finit par déborder le jeune torero. A gauche, il est moins clair et les deux tentatives de naturelles avortent. En fin de faena, le coquilla, pas assez dominé, devient distrait et prend le dessus sur le torero. L’élève du San Gillen va cafouiller la mise à mort et tue d’une entière très basse après trois pinchazos. Il doit se contenter de saluer, le toro est applaudi à l’arrastre.
Le quatrième humilie bien à la cape mais avertit le torero sur une passe côté gauche. C’est un toro encasté, noble mais qui demande les papiers. Olsina l’entreprend à droite mais ne le fait pas assez humilier sur la première série. La seconde est meilleure car le torero baisse plus la main. L’eral est exigeant. A gauche, il cherche l’homme et met le met en difficulté d’autant que le torero ne le canalise pas assez en lui retirant la muleta trop vite. La fin de faena manque de transmission, toro et torero allant a menos. L’héraultais a du mal à fixer le bicho pour l’estocade et doit rentrer quatre fois a matar pour le tuer après avoir entendu un avis.

Le second est noble et humilie lui aussi. Il est lui aussi très encasté et exigeant mais a de la fixité. Baptiste Cissé aura du mal en début de faena à trouver le bon tempo. Il ne ralentit pas assez la charge du coquilla et se fait accrocher sur une série à gauche. Cela ira mieux en toréant à mi hauteur. Il canalise mieux la charge du toro et réalise en fin de faena trois bonnes séries de derechazos plus posées et plus dominatrices. Après avoir pinché, Baptiste s’engage et place 8/10ème de lame un peu trasera mais qui seront efficaces. Il coupe une oreille et le novillo est applaudi à l’arrastre.
Le cinquième sera le plus compliqué du lot. Très exigeant, il se défend avec du genio plus qu’il n’attaque. Bien reçu à la cape par Cissé, il met en difficulté Rafi lors d’un quite avant d’être repris en main par le landais. Aux banderilles, il coupe le terrain et envoie de violents coups de tête. Bien doublé, le coquilla est compliqué à droite. Sa charge est violente et désordonnée, Baptiste le canalise en le toréant à gauche. Le novillo met un peu mieux la tête de ce côté et permet au torero de réaliser trois séries de naturelles intéressantes dont une très belle passe en fin de faena. Le bicho a toujours du genio et la mise à mort sera laborieuse et le torero devra se contenter d’une vuelta.

Le troisième est, lui aussi très encasté. Il est très attentif à ce qui se passe en piste et répond à la moindre sollicitation. Bien banderillé par Rafi, le novillo prend le dessus sur le torero en début de faena que ce soit sur la corne droite ou sur la gauche. Brouillon, Rafi se fait accrocher la muleta à plusieurs reprises sauf sur une bonne série de naturelles en milieu de faena. Le nîmois va rester en dessous des possibilités du toro. Il réussira quand même une jolie série de naturelles, sans l’épée, en guise d’adorños. La mise à mort sera difficile, le torero s’énerve et doit s’y reprendre à plusieurs fois pour descabeller. Il s’octroiera quand même une vuelta.
Le dernier coquilla, un des plus costaud du lot, sera aussi le meilleur. Très encasté, il est comme les autres noble et il répète mais il a plus de fixité et il ira à mas. Sans retrouver son niveau d’Arzacq, Rafi réalise une bonne faena profitant des qualités de l’eral sans en exploiter toutes les qualités. C’est propre mais manque d’émotion artistique alors que le toro par sa fixité et sa capacité à répéter en humiliant le permet. Rafi s’engage et met une demie verticale. Plus à l’aise avec le verdugo, il coupe une oreille méritée tout comme la vuelta accordée au novillo.

Le public se retire satisfait de cette journée taurine commémorant les 120 ans de présence de la tauromachie espagnole à Maubourguet. Pascal, le président de Maubourguet Toros peut enfin souffler et nous inviter à la novillada non piquée de 2017.

Fiche technique
Arènes de Maubourguet, novillada non piquée des Fêtes 2016
6 erales de Coquillas de Sanchez Arjona, bien présentés, très encastés, nobles et offrant beaucoup de possibilités pour
Carlos Olsina : un avis et salut, un avis et silence
Baptiste Cissé : une oreille, vuelta
Rafi : un avis et vuelta, une oreille
Vuelta au sixième eral
Salut du ganadero à l’issue de la course
Président Roland Bruno (Aire sur Adour)
Température estivale
600 personnes


Thierry Reboul