• 1

Istres (18.06.2016 - tarde) : Thomas Joubert confirme. Garrido prend date...

@ElTico
@ElTico
Le matador de toros Arlésien Thomas Joubert est sorti a hombros des arènes du Palio à Istres, confirmant ainsi son triomphe de la temporada passée et celui, plus récent, de la dernière Feria de Pâques en Arles. Le lot de toros envoyé par le Maestro "Joselito", s'il ne présentait pas de grandes qualités, s'est tout au moins révélé maniable en général, permettant en tous cas aux trois diestros de s'exprimer.

"Juan Bautista" sera ravi d'apprendre que l'exemplaire qu'il a combattu hier de sobrero lors de la corrida d'ouverture, était finalement le plus mauvais du lot...
Diego Urdiales a coupé une oreille du second de son lot, le moins propice du jour certainement. Quant à Jose Garrido, il aurait logiquement du accompagner le protégé d'Alain Montcouquiol sur les épaules s'il n'avait connu une certaine maladresse aux aciers. On reverra avec plaisir le toreo classique et puissant du torero de Badajoz, ici ou ailleurs...

Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Le premier toro du fer de "la Reina" eut du mal à se fixer dans le capote de salida de Diego Urdiales. Rien à signaler lors d'un tercio de varas minime, terminé par un joli quite par chicuelinas, main basse. Le toro de bon son, malgré une pointe de faiblesse, permit au torero d'Arnedo de pouvoir vraiment s'exprimer sur deux séries droitières très pures, en début de faena, déclenchant ainsi la musique et les premiers olés de la tarde. Son labeur baissa progressivement d'intensité, le toro s'éteignant au fil des minutes. Mort en deux temps. Ovation.
Le colorado sortit en quatrième du "Tajo" fut reçu par Urdiales dans des veroniques à la plastique parfaite. Après un unique puyazo, le diestro espagnol instrumentalisa une faena plaisante avec notamment quelques échanges a gusto très inspirés. Mais le manque de liant et de transmission du bicho empêchèrent le tout de réellement prendre de l'envergure. Après une épée caida concluante, le palco accorda une oreille au torero d'Arnedo.

Thomas Joubert reçut magnifiquement le second marqué du "Tajo" par veroniques pieds joints enchaînant par des tafalleras sans bouger d'un centimètre les zapatillas. Le toro alla rencontrer la cavalerie pour une rencontre rectifiée avant que l'Arlesien ne trace un quite par navarras et tafalleras de très bon goût. Son début de combat fut surprenant par un cambio de la main gauche, poursuivant par une série de naturelles très douce. Face à un toro restant court dans la muleta, la faute à son manque de force, Thomas trouva le bon tempo à donner aux charges du "Tajo". Dans un ensemble sur les deux rives très convaincant, il culmina sur la main gauche par des séries templées, emplies de pureté et d'esthétisme. Il termina par des bernardinas ultra serrées, à la limite de l'accrochage, avant de loger un recibir d'effet rapide. Deux oreilles.
Le cinquième de "la Reina" prit deux piques en brave avant que Thomas ne lui dessine un quite par chicuelinas et tafalleras. Bonne entame par quatre statuaires stoïques, avant de servir une série droitière de bon goût initiée par une passe dans le dos. Face à un toro offrant moins de possibilités que ses frères, Thomas ne connut pas le même succès qu'avec son précédent adversaire. Malgré un toreo varié et volontaire, l'ensemble de sa faena fut en dent de scie, capable de servir des muletazos de bonne facture comme de se faire accrocher le voile à plusieurs reprises. Il tua d'un trois quart de lame déclenchant une pétition minoritaire, logiquement refusée. Ovation.

José Garrido reçut son "Tajo" par veroniques avant de le conduire au piquero pour une prise de châtiment. Au terme du tercio de varas, Garrido partit au quite pour une paire de gaoneras très rapprochées. Dès les premières passes de muleta, le bicho accusa une vilaine vuelta de campana. Cela n'entacha en rien la suite de la lidia, cet animal se révéla maniable mais manquant de transmission. Le torero de Badajoz put servir une faena complète et bien maîtrisée sur les deux bords, dans un registre plutôt classique. Sans atteindre une grande intensité, son labeur fut d'un bon niveau et une défaillance au descabello le priva certainement d'un trophée. Ovation.
Le dernier de cette journée portait le fer de "la Reina" et ne rencontra le groupe équestre qu'une seule fois. Début de troisième tiers, tambour battant, avec une série plein centre les deux genoux en terre. La suite fut du même acabit. Main basse, il lia sur les deux côtés, à ce collaborateur chargeant avec transmission, de longues séries de muletazos profonds et de haute intensité. La seule ombre au tableau fut les deux désarmés qu'il connut pendant son trasteo, empêchant le tout de basculer dans une autre dimension. Il conclut par une tanda de manoletinas et logea une entière d'effet immédiat. Oreille.


Arènes du Palio à Istres (13)
3 toros d'El Tajo (2,3,4) et 3 de La Reina (1,5,6)
4/5 d'arènes
Temps pluvieux
Durée : 2h15

Diego Urdiales : Ovation / Oreille
Thomas Joubert : Deux oreilles / Ovation
José Garrido : Ovation après avis / Oreille

Thomas Joubert sortit à hombros des arènes du Palio

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico