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Arles (28/03/2016 - tarde) : Par la grâce de Thomas...

@ElTico
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A la fin de son premier combat, la reseña était quasiment prête : Où en serait  la carrière de Thomas Joubert s'il tuait les toros ?... Un quart d'heure durant, l'Arlésien venait de nous faire une nouvelle fois rêver avant d'échouer aux aciers. Un salut à ses arènes d'Arles, un de plus. Une nouvelle fois les larmes aux yeux...

La corrida de "Pedraza de Yeltes" sortait comme on l'attendait : Spectaculaire au cheval, encastée quoique manquant un peu de bravoure... Il fallait lui faire bien les choses et Manuel Escribano venait de passer un peu à côté du bon quatrième, qui n'avait pas duré. Alors sortit "Dudanada". Vous savez, le fameux "no hay quinto malo"... Certainement, LE toro de la Féria... Mathias avait très bien fait ce qu'il fallait faire aux piques. L'excellent "Rafael Lisita" venait de saluer aux banderilles. Et Thomas Joubert décida de se placer à l'endroit même d'où il comptait accueillir son second toro le jour de son alternative. Quelques instants avant d'être évacué à l'infirmerie, cuisse transfixiée. Une passe changée à la "Tomás", l'autre... Et un nouveau quart d'heure de grâce... Certes, l'épée ne fut pas parfaite. Mais l'impression laissée et les émotions ressenties justifiaient pleinement cette deuxième oreille malgré la demie-lame. Des larmes à nouveau ; les oreilles pour Paquito... Je ne sais toujours pas si ce jeune homme est aussi fragile qu'il y paraît ou bien au contraire très fort... Mais il a une vraie personnalité, une personnalité rare. Et du talent !
Et comment ne pas y voir un signe : un lundi de "Resurrección"...

Laurent Deloye "ElTico"


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Manuel Escribano reçut par d'autoritaires véroniques un toro haut qui réfléchissait beaucoup à sa sortie en piste. Beau tercio pour deux rencontres au groupe équestre, mêlant violence et sauvagerie, poussant très fort au cheval. Thomas Joubert réalisa, suite à ce tercio de varas entretenu, un quite très serré par chicuelinas. Comme à son habitude, Escribano cloua les palos avec facilité et aisance, posant la dernière paire al violin en quiebro, et écouta une belle ovation à l issue. Brindis au public avant d'entamer par doblones autoritaires jusqu'au
centre du ruedo. Le toro, violent et manso, ne permit pas au maestro de s'exprimer. L'animal, dès qu'il se sentait dominé après le deuxième muletazo, cherchait la fuite ce qui empêcha Escibano de construire une faena, malgré une envie de bien faire. La corne gauche fut encore moins
propice au toreo, le Pedraza gardant la tête haute lors des échanges. Manque d'engagement du natif de Gerena lors de l'entrée à matar lui
administrant une épée concluante mais très basse. Ovation avec Salut.
Le quatrième fut reçu par deux largas à rodillas suivies de veroniques. Le toro prit deux rations de fer en mettant bien les reins dont la
dernière de loin faisant sortir le piquero sous l'ovation. Bon tercio de banderilles de l'Andalou avant de débuter par cambios, plein centre, enchaînant par des séries de longs derechazos bien rythmés et cadencés. La suite alla a menos, le toro baissant de ton. Escribano, très décidé, tira le maximum de ce que proposait le Pedraza, réussissant malgré tout à donner de bons muletazos. Une épée trasera après deux mete y saca clôtura sa prestation lui faisant perdre l'oreille. Ovation avec salut après un avis.

Thomas Joubert salua son astado par un capoteo soigné avant que celui-ci n'aille rencontrer la cavalerie pour deux rations de fer en mettant
bien les reins. Après un bon début d'ultime tercio par des statuaires allurées, l'Arlésien livra des belles séries de longs derechazos de qualité. Gardant la tête haute dans le leurre lors des échanges gauchers, Thomas reprit naturellement la main droite pour lier encore quelques
tandas de bon goût, se montrant varié dans son toreo avec molinettes, martinetes, passes dans le dos. Il termina sa prestation par des manoletinas allurées dont la première citée de loin. Une mort en plusieurs envois le priva de la première oreille de la tarde qui lui tendait les bras. Ovation avec Salut.
Le maestro arlésien lidia par fuera le cinquième exemplaire de l'après-midi. Deux bonnes rencontres au cheval. Sur la seconde, le toro s'élança de loin et poussa avec force la monture de Mathias Forestier. Del Alamo partit au quite par tafalleras et cordobinas, Thomas répondit aussitôt par navarras et saltilleras. A la muleta, cet adversaire se révéla très noble et ayant une grande transmission. Profitant des très bonnes charges de ce Pedraza, l'Arlésien ne laissa pas passer l'occasion et régala les tendidos. Après une entame de faena par une passe de cartucho dans le dos, il réalisa, main très basse, un trasteo fait de longues et profondes séries de derechazos pleines de toreria. Le tout agrémenté par une surprenante arrucina de loin, redondos et passes de las flores. Sur le côté gauche, le torero du cru put également se distinguer lors d'une série de naturelles de face de haute facture. Il paracheva cette prestation importante par une demie-lame concluante et qui libéra logiquement les deux oreilles du palco présidentiel. Vuelta al ruedo au toro.

Juan Del Alamo hérita d'un toro qui montra des signes de faiblesse lors des premiers capotazos. Défaut confirmé au tercio de varas lors de deux rencontres légères. Sur la seconde, l'astado s'élançant d'une vingtaine de mètres. Doux quite d'Escribano par chicuelinas avant que le salmantin brinde aux tendidos. Trouvant de suite le bon sitio, Del Alamo réalisa une faena très bien construite. Étalant un large bagage technique, il parvint à force d'abnégation à améliorer les charges d'un toro maniable, mais manquant de force, pour lui servir des échanges templés et ajustés sur les deux rives. Il termina son labeur par trois manoletinas avant de loger une entière contraire et tendida après un pinchazo. Il promena une oreille à l'issue après avoir écouté deux avis.
L'ultime toro de cette feria pascale prit deux piques, montrant de la violence contre le peto. Au dernier tercio, Del Alamo se montra très volontaire et vaillant face à un adversaire possédant un danger sourd et avertissant plusieurs voir le diestro de Salamanca. Ne baissant jamais les bras, il réalisa une faena pleine de pouvoir et d'envie, conclue par des séries de molinettes et de pechos. Il éprouva beaucoup de difficultés à cadrer un toro très distrait lors de l'entrée a matar et tenta à trois reprises un recibir. Une mort longue et défaillante ôta certainement un trophée. Vuelta après deux avis.


Arènes d' Arles (13)
Lundi 28 mars à 16h30
Six toros de Pedraza de Yeltes très bien présentés, inégaux de comportement. Vuelta posthume au toro sorti en cinquième position portant le numéro 20, de nom Dudanada, né en octobre 2011 et pesant 600 kilos.
12 rencontres avec la cavalerie d' Alain Bonijol
2/3 arènes
Beau temps
Durée : 2h50

Manuel Escribano (bleu turquoise et or ) : Ovation avec salut / Ovation avec salut après un avis
Thomas Joubert (bleu France et or ) : Ovation avec salut / Deux oreilles
Juan Del Alamo ( rose pale et or) : Oreille après deux avis / Vuelta après deux avis

Rafael Lisita salua après le tercio de banderilles du cinquième toro.

Alexandre Guglielmet


Voir le reportage photographique : ElTico 

 

Voir le résumé vidéo de la course :