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Palavas-les-Flots (10/08/2014) : Thomas Joubert a hombros...

Photo : ElTico
Photo : ElTico

 Pitoyable mise en scène de six militants anti-corridas en entame, qui ont sauté en piste une demi-heure avant le paseo : insultes ; gesticulations pathétiques avant l'intervention propre et déterminée de la maréchaussée... Et une nouvelle fois un comportement irréprochable des aficionados, plutôt amusés et taquins, qui avaient choisi les arènes à la plage en cette lourde après-midi terminée sous la lumière artificielle en raison des entrées maritimes...

Belle ambiance d'ailleurs en général pour cette corrida flamenca, et ce malgré une affluence contenue. Les spectateurs ont applaudi aux efforts des trois toreros qui ont connu des fortunes diverses face à un bétail pas toujours coopératif. Et le meilleur est à mettre au crédit de Thomas Joubert qui sort a hombros des arènes El Cordobes de la cité de Dubout, après avoir coupé une oreille de chacun de ses adversaires de Pierre-Marie Meynadier. Un Thomas Joubert très artiste, ayant certes bénéficié du meilleur lot, mais qui a surtout empreint ses deux prestations d'une quiétude à toute épreuve, chose remarquable pour un torero sur le retour dont chacune des sorties est un challenge s'il veut relancer sa carrière. L'arlésien a parfaitement analysé les comportements très différents de ses deux toros et s'est imposé logiquement lors de ses deux combats, arrivant à décrocher les trophées alors même que l'épée s'était révélée quelque peu récalcitrante... 
Tout le mal qu'on lui souhaite maintenant, c'est de le revoir à la place qui devrait être la sienne dans des arènes de catégorie supérieure.
 
Laurent Deloye ElTico 
 
 
 
La chronique d'Alexandre Guglielmet :
 
C'est sous un temps estival, ce dimanche 10 Août, que se tenait dans les arènes El Cordobes de Palavas-les-Flots, une corrida flamenca. L'Association Pour le Maintien des Traditions Taurines dans les Arènes du Sud-est proposait six toros marqués du fer de Pierre-Marie Meynadier face à un jeune cartel international composé de Thomas Joubert, Fabio Castaneda et Javier Jimenez. La musique de Dame la Mano et les accords d'Antonio Cortès ont accompagné la corrida. Avant le paseo, six anti-corridas descendus des gradins ont essayé de pertuber le spectacle, avec pour seule conséquence, dix minutes de perdues.
 
 
Thomas Joubert (Blanc et Or) salua son premier toro par de jolies véroniques pieds joints rematé par une demie de bon goût. Après que son opposant ait pris un puyazo en poussant, l'Arlésien servit un quite enlevé par gaoneras par le haut. Au trosième tercio, le bicho se révéla à demi-charge, ce qui ne fut pas un frein pour Thomas, qui livra une faena élégante sur les deux bords, avec en point d'orgue une série de derechazos de face de bonne facture. Il termina par une entière suivie de trois coups de verdugo qui fit tomber la première oreille de la tarde.
Thomas reçut son second Colorado par de vibrantes véroniques templées. Après un quite par chicuelinas main basse, il dédia son combat à Alain Montcouquiol et son épouse. Il initia sa faena par des statuaires au centre du ruedo. Grâce à la noblesse de son opposant, dont il su profiter pleinement, l'Arlésien orchestra une tauromachie inspirée et variée, citant le toro de loin et mêlant derechazos et naturelles du meilleur goût. Il termina son trasteo par des manoletinas engagées. Malgré une mort en trois envois, Thomas ouvrit la grande porte en coupant sa deuxième oreille de l'après midi. 
 
Fabio Castaneda (Noir et azabache) banderilla avec brio son premier opposant et posa l'ultime paire al violin. Lors de son entame à la muleta, le toro enferma Fabio contre les planches, petite frayeur sans conséquence. Le Vénézuélien fit preuve de volonté mais n'eut que peu d'option devant ce bicho tardo et avisé, qui ne se prêta pas à la construction d'une quelconque faena. Mort en plusieurs temps. Silence.
Son second ne fut pas plus collaboratif . Malgré une envie évidente, peu d'alternatives s’offrirent au diestro face à ce toro arrêté, cherchant refuge aux planches et qui ne se prêtait pas au combat. Applaudissements.
 
Javier Jimenez (Rouge et Or) réceptionna joliment son toro par véroniques pieds joints. Ce dernier prit deux puyazos, dont le premier en mettant les reins. Lors du tercio de banderilles, l'astado sema la panique en piste, coupant les trajectoires et ne se fixant pas. Au tercio de muleta, le jeune espagnol fit le métier, devant cet opposant qui serrait de près et chargeait sans humilier. Il réalisa une faena dominatrice, liant de longs muletazos dont les meilleures séquences furent sur le piton gauche. Une entière caida fit tomber son opposant ainsi qu'un mouchoir du palco. Une oreille.
Face au sixième qui clôturait les débats, brindé à Pierre-Marie Meynadier, Javier débuta sa faena par statuaires. L'Espagnol, transcendé par la musique flamenca, réalisa de très belles séries profondes. Les minutes passant, le toro se décomposa, mais cela n’empêcha pas Javier d'offrir encore quelques beaux gestes malgré une cogida impressionnante. Hélas, une défaillance aux aciers le priva d'accompagner Thomas à hombros.
 
 
Fiche technique :
 
Arènes El Cordobes, Palavas-Les-Flots (34)
Six toros de la ganaderia de Pierre-Marie Meynadier, inégaux de présentations et de comportements, meilleur le quatrième.
Dimanche 10 Août 2014. 18h00.
Entrée : 1/3 d'arène
Temps : Estival
Durée de la course : 2h30
Rencontres avec la cavalerie: 8
Poids des toros : 545,480,500,450,485,525.
 
Thomas Joubert : Oreille/ Oreille
Fabio Castaneda : Silence/Applaudissements
Javier Jimenez : Oreille/ 1 avis et Applaudissements
 
 
Alexandre Guglielmet