Saint-Sever (10/10/2021 - matinale) : des coquillas toujours aussi intéressants pour un bon Molina...

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Visuel StSever 10102021MChangement de date pour la journée taurine et culturelle de Saint-Sever, pour une fois la COVID n’y est pour rien. Soucieux de préserver les aficionados de la froidure de Novembre, elle a été avancée au second dimanche d’Octobre.

Cette année se sont deux novilladas piquées (matin et après-midi) qui ont été programmées. La première organisée par le collectif Pedrollen a permis de voir en piste les novillos de Coquillas de Sanchez Fabrès. Dans le type de l’encaste, c'est-à-dire légerS, avec des têtes petites, un peu justes de forces, ils ont fournis des peleas dans le style de cet encaste. Ils n’ont refusé aucun cite, mettant la tête et répétant du début à la fin de la faena. Il leur a juste manqué un peu de chispa et de piquant. Ils offraient des possibilités dont n’ont pas toujours su profiter les novilleros.
Le premier, haut sur pattes et léger, est complètement dans le type Sanchez Fabrès. Il humilie dans la cape de José Fernando Molina. Faible, il est peu (et mal piqué) .Il pousse pourtant au contact du fer lors de l’unique rencontre. Après avoir brindé au public, Molina l’amène au centre. Dans la muleta, le bicho met la tête et répète. Le novillero se croise et tire trois bonnes séries de derechazos. Le joven est sincère et élégant. Dommage que le novillo manque de chispa. Il est parfois limite soso et manque un peu de transmission. A gauche, José Fernando se fait déborder sur la première série avant de se reprendre et enchaîner trois belles séries, avec sérénité, sincérité et temple, sur cette corne. Retour à droite, la faena est trop longue et le toro est allé à menos et tire vers les planches. Tentative ratée de recibir, une demie à la rencontre un peu basse et beaucoup de descabellos, la mise à mort n’est pas à la hauteur de la faena, silence.

Le second met la tête dans la cape d’Alvaro Burdiel mais il se retourné vite. Premier puyazo en poussant vers le haut, il se défend lors de la seconde rencontre. Mathieu Guillon et Manolo de Los Reyes saluent après deux bonnes paires de banderilles. Au troisième tiers, le novillo colle à la muleta. Faible, mais avec plus de gaz que le premier, il est noble et en bon coquilla répète et répètera jusqu’à la fin de la faena. Début à droite, cite de loin, le novillo baisse la tête mais le novillero ne profite pas de ses qualités. Il recule sur chaque série, toréé sur le voyage et ne guide pas la charge. Il a tendance à ne pas finir ses passes alors que le novillo, en particulier à gauche, fait l’avion. Silence après une mise à mort laborieuse.

Le troisième est plus costaud. Il est plus dans le type Sanchez Arjona, l’élevage cousin des Sanchez Fabrès. Il déborde Molina lors de sa réception à la cape. Il prend un seul puyazo mais dans l’épaule, fort et carioqué. Brindis à Antoine Capdeville, co-organisateur de cette matinale, le novillero débute la faena à droite par des derechazos à mi hauteur. Le novillo n’a pas la classe des deux précédents. Juste de force, il est tardo, à une charge courte et transmet peu d’émotion. La faena est élégante, sincère et avec des détails mais trop longue, elle souffre du manque de fond du novillo. Contrairement à son premier toro, Molina tue très bien d’une superbe entière engagée et efficace. Le fan club sort les mouchoirs, le public suit et le président accorde une oreille.

Le dernier est une très joli novillo, lui aussi plus dans le style Sanchez Arjona. Il met la tête dans la cape et prend avec une certaine bravoure trois piques en venant fort à la seconde. Dommage que le piquero soit aussi maladroit et coquin.
Le novillo est noble mais il est très exigeant. Burdiel ne lui donne pas la distance, toréé fuera de cacho et se fait déborder par un toro dont la fixité et la classe permettaient autre chose. Très en dessous de son adversaire, il finit par lui apprendre les mauvaises manières. De fixe le bicho devient gazapon et malgré sa noblesse finit par s’arrêter à mi passe et à désarmer le novillero. Le toro va à menos, regarde les planches (sans y aller) à la fin des dernières séries parce qu’il a mal été toréé. Entière caidita, et le public plutôt gentil de cette matinale, invite Burdiel à venir saluer au tiers.

 

Fiche technique :
Arènes de Saint-Sever, novillada matinale
4 novillos de Sanchez Fabrès, dans le type, intéressants mais pas toujours bien exploités pour :

José Fernando Molina : deux avis et silence, un avis et une oreille
Alvaro Burdiel : silence, salut au tiers

Sobresaliente : J.A Pinto
Salut de Mathieu Guillon et Manolo de Los Reyes au second.
Sept piques
Cuadra Bonijol
Président Philippe Lalanne
400 personnes environ
Le soleil, ce grand fainéant, a fini par se montrer

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour