Prix Livre & Aficion

  • Imprimer

Le fumeur de souvenirs
Le fumeur de souvenirs
Le samedi 30 Mars à 13 H 30 après la course, dans un Ruedo de rêve, ou un rêve de Ruedo, celui redessiné par Loren et ses oeuvres dans la chapelle Saint Anne, ( 100 TRACES ) nous remettrons le prix Livre & Aficion à Alain Montcouquiol pour son livre Le fumeur de souvenirs, paru Chez Verdier. Le prix est doté d’un chèque de 4000 Euros par L’UCTPR, et sera remis par Dominique Perron Président de UCTPR et par Philippe Soudée, organisateur du Prix et président du Ruedo Newton, le Club Taurin Paul Ricard de Paris.

Un grand livre d’un auteur aussi modeste que discret. Un grand auteur capable dans le souffle court de quelques pages de longue haleine de partager sa quête de l’accomplissement impossible, de redire sans cesse cet inépuisable désir de beauté qu’il traîne comme un regret ou une faute, sans occulter jamais la douleur et la souffrance de l’absence, cette béance ...insupportable, injuste, coupable, on ne sait pas, celle d’un frère torero. Trois livres pour dire au fond que toujours quelque chose manque et manquera, que notre existence ne se construit peut être qu’autour de quelque chose qui n’est pas, tout simplement. Dans le dernier livre, celui que l’on récompensera, il fume des souvenirs, comme on égrène de vieilles photos, des histoires anciennes, scènes de bar, rencontres furtives, à Lima, à Mexico, quelque part ailleurs, dans une errance en forme de road-movie, une succession de moments approximativement vrais ou pas tout à fait faux, pour tenter de dessiner entre les lignes sa quête de vérité, qu’il sait inaccessible, cette vérité qu’on ne saurait dire puisqu’elle est comme la fumée de notre fumeur ou les nuages de Richter, à la fois parfaitement dessinés, hyperréalistes, et tout à fait flous, incernables, et d’une telle mélancolie que chacun y retrouve un peu de sa tristesse fondamentale ; celle qu’on ne dit pas et qui traîne toujours, dans un verre de trop, que l’on cache dans un rire, ou « un insupportable désir de gloire » dirait Casas, alors que lui se préserve avec cette peine pour toujours et que rien sinon la littérature – ou peut être aussi une faena de rêve, qui sait ?- pourrait apaiser.

à lire sur le site du Ruedo