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Mont-de-Marsan (24/07/2021 - matinale) : une oreille pour Diego Urdialès...

Visuel MdM 24072021MAvec les toros d’encaste Carlos Nuñez, on aura toujours affaire à des toros exigeants. Parfois cette exigence mêlée à de la race et de la caste donne des pelea intéressantes. Parfois c’est le genio et le manque d’entrega qui dominent et la course devient vite ennuyeuse. Ce Samedi matin au Plumaçon, on s’est beaucoup ennuyé.

Les six toros d’Alcurrucen de cette matinale bien armés et dans le type à l’exception du dernier plus léger ont dès leur entrée en piste manqué d’alegria et de race. Souvent distraits et compliqués, ils ont offert peu de possibilités aux toreros et certaines faenas ont paru bien longues.

Le premier sort au pas et se freine dans le capote de Diego Urdialès. Il est mal lidié à la pique prenant une très (trop) grosse ration à la première rencontre en poussant. Il prend trois autres puyazos appuyés et carioqués dont le dernier au réserve après la sonnerie. Le toro est du genre sérieux et malgré ce premier tiers « exagéré », la charge du Nuñez s’améliore. Urdialès le double avec autorité et corrige ses aspérités dès la première série à droite. Les séries suivantes sur ce piton sont sincères et efficaces. Même mode d’emploi à gauche où le toro se retourne rapidement. A la troisième série, le toro passe mieux. Le torero a pris le dessus et conclut par une série de derechazos plus artistiques. Salut après un tiers de lame et un descabello.

Le second abanto et distrait pose des problèmes à Ureña dès sa sortie en piste. Mieux lidié et mis en suerte que le premier il prend deux puyazos sans beaucoup s’impliquer et sort seul du second. Il est compliqué à banderiller car il manque totalement de franchise. Le public compréhensif soutient les peones. A la muleta, le bicho raccourcit sa charge dès les premières sollicitations d’Ureña. Il ne baisse pas la tête et est andarin. Sur la droite, il ne finit pas se décomposer, sur la gauche il passe un peu mieux sur une première série mais est de plus en plus compliqué au fur et à mesure que l’on avance dans la faena. Silence pour Ureña après une mise à mort laborieuse.

Le troisième est un joli castaño. Il a un comportement identique au précédent lors de son entrée en piste. Il prend, sans être mis en suerte, deux premiers puyazos en arrière sans pousser. La quatrième rencontre au cheval de réserve après la sonnerie est un simple picotazo. Règlementairement il n’avait pas lieu d’être. Au plan de la lidia, elle n’apporte rien si ce n’est affaiblir un toro qui ouvre la bouche au second tiers. Comme le précédent, il manque de fixité et est difficile à placer en particulier au second tiers. Emilio de Justo va essayer d’en tirer quelques passes. Le toro est vite parado et les efforts du torero pour donner de l’intérêt et du relief à la faena sont vains. De plus toréer aux forceps pour arracher les passes une par une n’est pas la tasse de thé du torero de Cacérès. Palmitas pour le torero après une entière portée avec engagement mais qui résulte tendida

Le quatrième semble avisé sur la gauche dès sa sortie du toril. Il prend deux piques sans pousser. Diego Urdialès le brinde au public. Des planches, il amène le toro vers le centre du ruedo. Le toro manque de charge et est long à placer avant chaque série. La faena qui va suivre est de celles dont on peut avoir plusieurs lectures. Le jeune aficionado de la génération Y va trouver qu’elle est trop longue et avec beaucoup de temps morts. Le premier avis sonnera avant que le torero ait estoqué un toro qui était allé à menos. L’estocade est portée près du second avis et de ce fait à du être plus efficace que sincère. Si l’on voit cette faena avec un œil plus toriste, puriste ou rigoriste, Urdialès a toréé à plusieurs reprises sur le pico de la muleta et souvent loin de son Alcurrucen. Si on fait un focus, ou un recadrage photo sur le torero, la gestuelle et la lenteur du toreo d’Urdialès sont superbes et dégage une certaine émotion r ; Certains passages vont rassembler les points de vue comme troisième série à droite et la seconde à gauche. D’autres sont plus clivants ; Globalement le public a retenu la beauté du toreo d’Urdialès, le premier moment intéressant de cette féria et le torero a coupé une oreille après un pinchazo et une entière tombée.


La cinquième saute dans la cape de Paco Ureña. Bien mis en suerte, il prend deux puyazos en poussant et restant au cheval. Il a un peu plus de mobilité, bien que juste de forces, en début de faena que les quatre précédents. Paco Ureña, peu inspiré, tire une bonne première série de passes à droite. Fuera de cacho que ce soit à droite ou à gauche, il a du mal à lier deux passes à un toro qui va à menos. Le torero semble s’ennuyer, le public aussi La conclusion par une vilaine épée basse ne relève pas l’ensemble.

Le dernier, le plus léger du lot, est juste de forces ; Il prend une seule pique, trop appuyée et carioquée. Morenito d’Arles excellent aux banderilles salue avant qu’Emilio de Justo brinde au public. Le torero de Cacérès avec application et envie arrive à lier la première vraie série de la matinée. Le toro raccourcit très vite sa charge, se décompose et devient de plus en plus violent. Emilio en tire le peu qu’il est possible d’en tirer avant que le toro montre son envie de partir en querencia. Il tue d’une entière basse porté avec un engagement.

Fiche technique : Arènes de Mont de Marsan, deuxième corrida de la Madeleine 2021
6 toros d’Alcurrucen, correctement présentés et armés manquant de fond et de race pour :

Diego Urdialès : salut au tiers, deux avis et une oreille
Paco Ureña silence, silence
Emilio de Justo : palmitas, silence

Salut de Morenito d’Arles au sixième
Dix huit piques, puyas Bonijol
Cavalerie Bonijol
Président André Roques,
Quasi lleno de COVID
Alternance de gris et de bleu dans le ciel, quelques gouttes au troisième

Thierry Reboul

Voir le reportage photographique : Philippe Latour