Feria del Campo à la Ganaderia Margé : La première non-piquée de l'Histoire des Monteilles...

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©ElTico
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La deuxième étape de la Feria del Campo, secteur Sud-Est, se déroulait en ce jour de Fête Nationale à la Ganaderia Margé, au Domaine des Monteilles.

Et comme le rappelait Olivier Margé dans son discours de bienvenue, en cette période si particulière que le Monde des Toros traverse et dont le rythme particulièrement lent plonge tout un écosystème dans une crise sans précédent, il a fallu se réinventer et innover... Et de remercier les organisateurs de cette initiative visant à aider les ganaderos français à survivre, en proposant des journées champêtres dans différents élevages. Ce qui implique pour la ganaderia des rives de l'Aude, l'organisation intra-muros de sa première novillada non piquée. Une première qui devrait en appeler d'autres durant l'été, indiquait Olivier Margé, les dates pourraient être annoncées prochainement. Après le rappel des consignes sanitaires, le ganadero invitait les spectateurs à rejoindre la placita de tienta, l'arène de paille installée initialement à proximité ne permettant pas la tenur du spectacle en raison du vent.
A l'affiche ce matin, quatre novillos de la maison pour Christian Parejo, Elève de l'Ecole Taurine Béziers-Méditerranée, protégé du matador de toros Tomas Cerqueira et "Lalo de María", le fils cadet de Marie Sara, couvé professionnellement par Lauri Monzon.
Une belle opposition de style en vérité... Autant l'un est blond et grand, autant l'autre est plus petit et brun... Autant la tauromachie du jeune novillero originaire de Chiclana est classique et compacte, autant celle du français est aérée et en constante recherche d'Art... Ce qui les rapproche en revanche, c'est leur totale implication et un courage à toute épreuve face à l'adversité. Et au final, une belle complémentarité pour une matinale agréable, favorisée il est vrai par le bon jeu offert en général par les pupilles de Margé.

Pourtant, les choses n'avaient pas particulièrement bien commencé pour Christian Parejo face au novillo d'ouverture, qui se révèlera au final avoir été le plus compliqué du lot. Bousculé, poussé dans ses derniers retranchements par un adversaire plutôt retors, le jeune espagnol fera montre de beaucoup de recours et d'une abnégation sans faille. Meilleure expérience devant le troisième, un bon exemplaire qui, après quelques belles véroniques de réception, sera reçu par cambiadas au centre de la piste. La faena, d'intérêt croissant, résultera parfaitement construite sur les deux rives.

"Lalo de María" toucha en premier lieu le meilleur de la matinée, sorti en deuxième position. Cet exemplaire bravito, qui chargeait avec rythme et classe, allait se révéler supérieur sur la corne gauche, ce dont le français profita à l'envi, faisant réagir à plusieurs reprises un public conquis, dont sa mère présente en tribune, qui ne boudait pas son plaisir. Après une mort en simulacre, "Lalo de María" recueillait une belle ovation. Le quatrième, encasté, posait quelques problèmes au blond torero lors de sa réception à la cape. Mais à la muleta, ce dernier trouvait rapidement le bon sitio et livrait une faena qui, si elle n'atteignait pas les sommets de la précédente, livrait tout de même quelques détails de classe et de promesse pour l'avenir.

Un cinquième becerro était offert aux deux novilleros par la famille Margé, qui allait se révéler très bon lui aussi. Quite por colleras lors du premier tiers et toreo de muleta à deux dans le final, allaient être les moments forts de cette lidia, ainsi que les belles séries distillées par Tomás Cerqueira, qui démontra à cette occasion que Boujan qui s'est passé de lui l'an dernier pour la Feria des Vendanges en raison des intempéries et cette année pour cause de Covid, pourra compter sur lui le cas échéant lorsque les cieux du toreo se seront enfin éclaircis...

Intervenaient de second les élèves de l'Ecole Taurine Béziers-Méditerranée Lenny Martin et Luis Torrez.

Laurent Deloye ElTico

Voir le reportage photographique : ElTico