Dax (08/09/2019 - matinale) : une oreille pour Diego San Roman...

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©Philippe Latour
©Philippe Latour
Belle entrée pour cette novillada dacquoise qui confirme l’intérêt de maintenir ce type de spectacle y compris dans les cycles de corridas des arènes de première catégorie.

Si la présentation des novillos de José Cruz est irréprochable, leur noblesse indéniable, les six utreros de la matinale de Toros Y Salsa ont tous manqué de forces, ont fléchit à plusieurs reprises et ne transmettaient que peu d’émotion. Le sixième a été crédité d’une vuelta surprenante au vu de son comportement au premier tiers (un puyazo sans pousser, un autre en sortant seul et un refilon au picador de réserve), sa noblesse sans aspérités ne suffisait pas pour lui accorder cette récompense.

Le premier est juste de forces. Il prend quand même deux bonnes piques en poussant à la première. Il est mal banderillé et abanto en début de faena ; Diego San Roman le double, genoux ployés, avec efficacité et élégance. Sur chacune des séries suivantes, il enchaînera trois très bons muletazos puis perdra du terrain pour finir près des planches. Après un passage à gauche, il liera la meilleure série de la faena sur le piton droit. Le toro finit dans les tablas. L’estocade, légèrement tombée, est longue à faire effet ce qui n’empêche pas le mexicain de couper une oreille.
Le second est applaudi à son entrée en piste. Il est bien reçu à la cape par Alejandro Mora. Mal mis en suerte, il prend un premier puyazo sans pousser et sort seul du second. Brindis au public, le novillero commence sa faena par des doblones lents et élégants. Malheureusement le toro est faible. Mora liera des passes avec douceur et une certaine classe mais la faiblesse d’un toro vite éteint enlève tout intérêt à la faena. De celle-ci on retiendra les dernières naturelles de face. Mise à mort un peu longue, salut du novillero.
Le troisième, joli novillo, est reçu de façon approximative par Juan Molas. Mise en suerte brouillonne, le toro prend deux piques en mettant les reins. Bon quite de San Roman, le novillo est noble, a de la caste et est un peu juste de forces. Pour la première série, le novillo part de loin et met la tête. La faena appliquée du torero dacquois est décousue et manque de pouvoir. Elle est en dessous des possibilités du bicho qui tombe au premier pinchazo et ne se relèvera pas. Salut du novillero.
Le quatrième, très bien présenté, prend un premier puyazo en poussant puis un picotazo. Le novillo marque le pas après ce tercio de piques. Le toro est noble, encasté mais manque de forces. Le mexicain construit une faena appliquée, avec de bons passages mais qui reste très en dessous des possibilités du bicho. Il réduit trop tôt les terrains étouffant un utrero qui avait besoin qu’on lui donne plus d’air. Toro difficile à fixer et mise à mort approximative, le novillero se contente de saluer.
Le cinquième prend deux piques sans trop pousser et en sortant seul. Le toro a un problème pour marcher. Chaque charge lui coûte beaucoup et il se défend dans la muleta donnant des hachazos en fin de chaque passe et finit quasi parado. Le novillero insiste trop et la faena manque d’intérêt et devient languissante. Silence après un pinchazo et un bajonazo.
Le sixième, mal mis en suerte, prend deux piques sans pousser sortant seul. Il échappe au contrôle de la cuadrilla et charge le picador de réserve. Juan Molas commence bien sa faena toréant avec beaucoup d’élégance. Le toro, très noble et encasté, a besoin d’être lidié avec autorité. En privilégiant la forme plus que le fond, le dacquois Jean Baptiste se fait déborder par le José Cruz et la faena va à menos. Un pinchazo, une entière en place, le puntillero fait relever le novillo ce qui refroidit le public. Quelques voix demandent une vuelta qui ne justifiait pas.


Fiche technique
Arènes de Dax, novillada de Toros y Salsa
Six novillos bien présentés, avec du fond mais manquant de forces pour
Diego San Roman : une oreille, un avis et salut
Alejandro Mora : un avis et salut, un avis et silence
Juan Molas : salut, un avis et silence
Treize piques, cavalerie Bonijol
Vuelta au sixième toro
Trois mille personnes
Ciel bleu, quelques nuages intermittents.

Thierry Reboul

Voir le reportage photographique : Philippe Latour