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Saint-Perdon (25/08/2019 - tarde) : A Jean Louis……………………

©Philippe Latour
©Philippe Latour
Dix ans déjà que les arènes de Saint Perdon ont été détruites par un incendie du à une imprudence et que la tradition taurine espagnole perdure grâce à la bande d’irréductibles aficionados de la Peña La Muleta et à la ville de Mont de Marsan qui met à leur disposition les arènes du Plumaçon.

La corrida concours qui est organisée, est maintenant parfaitement installée dans le paysage taurin du Sud-Ouest.
De l’édition 2019, on retiendra que c’est la première qui se sera déroulé en l’absence de Jean Louis Courtade, décédé en Février, et à qui un hommage à été rendu à l’issue du paseo. Au plan taurin, ce sera une petite année. La faute en incombe au bétail parfois juste de présentation et manquant de forces et pour certains de race. Tous ont failli au premier tiers et seul le très encasté novillo de Pincha est à créditer d’un troisième tiers digne d’une corrida concours. Ce novillo, superbement présenté, a été choisi comme vainqueur de la compétition. Il a été, et de loin, le meilleur toro de la course, il a été excellent à la muleta mais il a pris trois piques, venant au pas, sans s’investir sous le fer malgré les efforts du piquero pour le mettre en évidence.
Une novillada concours n’est pas un classement de un à six des toros en compétition. Pour gagner le titre, il faut une note minimum au premier tiers et certains comportements sont éliminatoires même si le bicho est bon par ailleurs. Il y a quelques années, suite à une novillada à émotions, le prix n’avait pas été accordé et un accessit avait été attribué aux toros de Pedraza de Yeltès et de l’Astarac. Il aurait été logique, ce Dimanche, d’en faire de même pour récompenser le Pincha.
Côté toreros, Juan Carlos, chef de lidia exemplaire, et Diego San Roman ne pouvaient pas tirer plus de leurs adversaires. Victor Hernandez, le mieux servi, est sorti à hombros après avoir fait preuve d’application face au Flor de Jara et de courage face au Pincha.

Le premier est un Barcial dans le type de l’encaste mais manquant un peu de volume. Mis au centre du ruedo, il prend une première pique sans pousser. Rapproché, il sort seul de la seconde et de la troisième après avoir désarçonné le cavalier. Blendo, il se garde dans les tablas au second tercio. Juan Carlos Carballo le double, le novillo est court de charge et se défend dans la muleta. A la première série à droite, il met en danger le torero. Le reste de la faena se fera sur la corne gauche. Le novillero arrache quatre séries de trois passes à un novillo tardo, sans charge et qui se réfugiera dans les tablas. Salut après une entière en place.

Le second est un superbe Aldeanueva, bien armé et à la jolie robe cuivrée. Ce novillo n’aura de qualité que sa présentation. C’est un manso avisé qui désarme Diego San Roman, dès les premiers capotazos. Il sort seul dès le contact du fer lors des deux premières rencontres. Le piquero, ce que n’a pas compris une partie du public, se met dans le terrain du toril pour châtier un bicho manso et dangereux. L’Aldanueva met en difficulté la cuadrilla au second tiers. Dès la première série à droite, il vient directement sur le novillero. Il est violent et a tout d’une carne. San Roman, qui est novillero avec du recours, lui tire quelques muletazos méritoires et manque de se faire prendre quand il reprend la main gauche. Le mexicain abrège, avec raison,
sa faena. Il salue après une estocade habile et basse. Mais vu les circonstances ………………..

Le troisième est Flor de Jara, juste de présentation et qui s’abimera les deux cornes en rematant les planchent. Il humilie mais arrache le capote de Victor Hernandez. Bien piqué par Laurent Langlois, il prend deux puyazos venant au cheval sans conviction et sans pousser. Hernandez brinde au public. Le novillo manque de bravoure, est juste de force mais est très noble. Bon collaborateur, il permet au novillero de construire une faena intéressante avec de bons muletazos sur les deux cornes. Le jeune novillero est courageux, appliqué, sincère mais son toreo manque de temple. Il se découvre et se fait accrocher lors ce qui sera la seule série, ou plutôt tentative de série à gauche. Les derechazos qui suivent sont profilés. Après une mete y saca, il s’engage pour une entière un peu en avant et coupe la première oreille de la tarde. Le novillo est applaudi pour sa noblesse à l’arrastre.

Le quatrième est un Aurelio Hernando très bien présenté, dans le type de l’encaste, venu en remplacement du titulaire tué lors d’une bagarre dans les corrales. Il est juste de force. Mal mis en suerte, il prend une première pique se défendant sous le fer puis un picotazo. Ménagé au premier tercio, il va fléchir à plusieurs reprises lors du dernier. Carballo le toréé à mi hauteur, le novillo est noble mais il charge au pas et est limite soso. Le novillero de Cacérès alterne de bons muletazos, en particulier à droite, avec d’autres plus sur le bout de la muleta, en particulier à gauche. Le novillo transmet peu, il doit être toréé en douceur Il va à menos et finit par partir aux planches et la fin de faena est brouillonne. La mise à mort manque d’engagement et le descabello est loin d’être le point fort du novillero ce qui ne l’empêchera pas de saluer après l’arrastre.

Le cinquième est un novillo de l’Astarac. Il est dans le type de l’encaste. Dès sa sortie en piste, il montre des signes d’une faiblesse qui sera accentuée par deux débuts de vuelta de campana. Il prend deux piques . Handicapé par son manque de forces, il ne pousse pas. Le novillo est très noble. Il suit la muleta, tenue à mi hauteur, sans poser d’autres problèmes à Diego San Roman que sa soseria et ses fléchissements qui enlèvent tout intérêt et émotion à la faena malgré l’application, et le métier, du novillero. Silence après deux pinchazos et trois quarts de lame.

Le sixième, Pincha, est ce qu’on appelle dans le milieu taurin un tio ou un tonton. Agé de trois ans et dix mois, il a la morphologie d’un toro. Il a du trapio et est superbement armé. Le public attend beaucoup du tercio de piques. Le Pincha est bien mis en suerte et sera piqué par un picador soucieux de le mettre en évidence. Il prend un premier puyazo sans pousser. Mis plus loin, il vient au pas, marquant des temps d’arrêt, pour les deux rencontres suivantes ne pousse pas à la seconde et un peu à la troisième. Victor Hernandez double le novillo qui dès qu’on lui présente la muleta fait montre d’une très grande caste. Il charge avec alegria, mettant la tête. Il est noble mais aussi très exigeant. C’est un excellent toro, il a du caractère, de la race et transmet beaucoup d’émotion. Dommage qu’il n’ait pas mis la même énergie au premier tiers. Victor Hernandez, avec beaucoup de courage, enchaîne de bonnes séries sur les deux cornes. Il s’applique et ne recule pas devant un bicho qui petit à petit prend le dessus et devient le patron en piste. Le novillero, porté par le public, en tire de très bons muletazos mais ne domine pas un toro qui lui échappe et se rapproche des planches en fin de faena. Le novillero prend l’épée alors que le Pincha a encore des passes dans le ventre. Hernandez tue d’une quasi entière basse, rapide d’effet. Il coupe une nouvelle oreille. L’arrastre est applaudie et le novillero invite le ganadero à partager sa vuelta.

 

Fiche technique :
Arènes de Mont de Marsan, novillada concours de Saint Perdon
Six novillos, dans l’ordre de sortie de Barcial, Aldeanueva, Flor de Jara, Aurelio Hernando, L’Astarac et Pincha pour :

Juan Carlos Carballo : salut, un avis et salut
Diego San Roman : salut, silence
Victor Hernandez : une oreille, une oreille

Quinze piques, cavalerie Bonijol
Président : Philippe Lalanne (Dax)
Le novillo de Pincha est déclaré vainqueur de la novillada concours
Un tiers d’arène concentré à l’ombre
Soleil et forte chaleur

Thierry Reboul


Voir le reportage photographique : Philippe Latour