Emilio de Justo : "Et si je dois rêver de quelque chose, c'est que cette corrida (Dax) entre dans l'histoire de la tauromachie française"...

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Le matador de toros Emilio de Justo s'est livré au jeu des questions/réponses avant son solo de Dax, le 7 septembre prochain.

Il est à l'affiche de la Feria de Saint-Gilles ce dimanche.

Laurent Deloye : Pouvez-vous revenir pour nous sur les débuts de votre collaboration avec Ludovic Lelong « Luisito » ?
Emilio de Justo : Notre histoire, à Luisito et moi, remonte à fin 2015 lorsque je lui ai demandé de me donner un coup de main....Depuis, nous avons gravi marche après marche pour en être là aujourd'hui. Nous avons réussi ensemble à nous faire une place qui était loin d'être acquise....mais il nous reste encore beaucoup de choses à accomplir.

Laurent Deloye : La France a souvent été à l’origine du retour au premier plan de toreros dont la carrière était à l’arrêt ou connaissait des moments difficiles. Comment l’expliquez-vous ?
Emilio de Justo : Je pense que cela tient du fait que beaucoup d'arènes françaises sont gérées par des commissions taurines qui elles-mêmes sont composées d'aficionados. Elles osent programmer des toreros qui ne sont pas des têtes d'affiche, leur donnant ainsi l'opportunité de faire leurs preuves....et si, comme ce fut mon cas, il y a un triomphe, plusieurs contrats peuvent être signés. Je serais toujours reconnaissant à la France taurine d'avoir osé me donner cette opportunité que je n'arrivais pas à avoir en Espagne.

Laurent Deloye : Est-ce en raison de votre proximité avec le public français ou en reconnaissance de l’attention qu’il a pu vous apporter ces dernières années, que vous avez choisi de réaliser ce seul contre six à Dax ?
Emilio de Justo : Bien sûr , la première raison de ce seul contre 6, c'est la reconnaissance. Je n'oublie pas d'où je viens, et grâce à qui j'en suis arrivé là. Je dois tout au public français, je dois tout aux arènes françaises. Je me devais de faire ce geste pour eux, c'est ma façon de leur dire un grand merci.

Laurent Deloye : Ce défi proposé à l’aficion dacquoise, se déroulera de plus face aux toros de Victorino Martin. Quelle est la raison de ce choix ?
Emilio de Justo : Il y a plusieurs motifs. Premièrement , ces 2 dernières années j'ai triomphé à Dax avec les Victorinos. Ensuite, ma carrière depuis 3 ans est particulièrement liée à cet élevage car je l'ai toréé dans les plus grandes arènes comme Madrid, Seville ou encore Bilbao plus récemment et j'ai pu triompher avec. Et pour finir, je voulais que ce geste à l'attention du public français soit de la plus grande importance possible, quoi de mieux que de le faire avec 6 toros de l'une des plus prestigieuses et exigeantes ganaderias qui soit.

Laurent Deloye : Vous êtes devenus l’un des meilleurs spécialistes actuel de cet élevage. Comment définiriez-vous le toro de Victorino ?
Emilio de Justo : Je crois que l'élevage de Victorino est le plus encasté du campo bravo. C'est un animal qui demande un effort supplémentaire. Il est exigeant, toujours. Même les bons toros de Victorinos sont plus exigeants que les bons toros des autres élevages. Je sais que cette corrida va me demander de tout donner à chaque toro. je suis prêt à le faire.

Visuel Dax 19082019

 Laurent Deloye : Pour ce solo, y aura-t-il une mise en scène particulière ? 

Emilio de Justo : Mise en scène à proprement parler non, j'ai envie que le public puisse voir 1 seul homme devant 6 toros dans la plus simple et authentique expression. Vous savez désormais que ma tauromachie n'est pas spectaculaire ou clinquante. J'aime et je recherche l'authenticité par la simplicité, par le don absolu.
Ceci dit, j'ai décidé, là aussi pour remercier l'aficion française de composer mes cuadrillas de la moitié de professionnels français, ainsi que d'un banderillero colombien en guise de clin d'oeil à ce pays qui lui aussi m'a soutenu dans les années difficiles.

Laurent Deloye : Cette temporada 2019, pourtant marquée par des blessures qui vous ont tenu éloigné des ruedos à plusieurs reprises, confirme malgré tout votre statut et vous conforte comme figure incontournable des grandes férias. Comment vivez-vous ce nouveau statut ?
Emilio de Justo : Les blessures ne viennent jamais bien, mais pour le coup, elles ne pouvaient pas être plus inopportunes. Deux blessures, deux fractures, scaphoide et clavicule, deux mois d'arrêt forcé en tout début de saison. Il a fallu que je ronge mon frein, que j'accepte de perdre des contrats très importants comme Olivenza, Valencia, Nîmes, Madrid ou encore Vic. Ce fut très dur mais grâce à beaucoup d'entrainements et de préparation mentale, j'ai pu retourner la situation en triomphant dans plusieurs arènes comme Madrid, Soria, Valencia ou Bilbao , et ceci malgré un passage à vide avec l'épée qui me fait perdre des triomphes majeurs dans d'autres arènes.

Laurent Deloye : Quels sont vos rêves pour cette corrida du 7 septembre ?
Emilio de Justo : Je sais que cela va être très dur, je sais que je vais tout donner du début à la fin, je ne sais pas faire autrement. Je souhaite de tout mon coeur que cela soit une grande après midi de toros.
Et si je dois rêver de quelque chose, c'est que cette corrida entre dans l'histoire de la tauromachie française.