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Dax (15/08/2019 - matinale) : Ponce, le retour...

©Matthieu Saubion
©Matthieu Saubion
Retour à la tauromachie ordinaire après le sommet bayonnais d’hier soir, la Féria de Dax a commencé par une corrida de figuras. Pas grand-chose à retenir du lot de Victoriano del Rio, discrets de présentation, manquant de caste, souvent limite sosos, ils se sont laissés toréer mais n’ont transmis que peu d’émotion.

On retiendra de cette matinée, que Ponce est de retour avec toutes ses qualités techniques et physiques, mais aussi avec ses défauts. Manzanarès est passé sans peine, ni gloire et Cayetano a été inexistant.

Le premier est court de charge dès sa sortie du toril. Faible, il prend deux piques légères sans pousser. A la muleta, il suit le leurre avec un mélange de noblesse et de fadeur qui limitent l’émotion que peut transmettre une faena. Ponce a tout gardé de sa manière de toréer. Sans se croiser, il enchaîne des séries plus élégantes que sincères. De la faena on retiendra un très bon pecho. L’ensemble par la faute du toro devient vite ennuyeux. Trois pinchazos précèdent une estocade habile et basse .Silence.

Le second est de la ganaderia Toros de Cortès. Mal mis en suerte et mal piqué, il prend sans conviction deux puyazos sortant seul du premier. Très mal lidié et banderillé par la cuadrilla de Manzanarès, il est noble. Comme le premier, il suit la muleta avec une agressivité minimum. Manzanarès le toréé de façon marginale et sur le voyage. Le toro va à menos. Pour redonner du relief à une faena qui en a toujours manqué, le torero d’Alicante le torée de dos, puis en rond. José Maria, dont la réputation avec les aciers n’est pourtant plus à faire, tue d’un affreux bajonazo.

Le troisième est abanto, suelto et distrait. Tardo, il prend deux piques traseras et beaucoup trop longues en poussant. Il laisse beaucoup d’énergie au premier. Au troisième tiers, il n’a plus de forces. Tardo, il ne charge plus et comme la muleta de Cayetano n’a ni le pouvoir de le faire avancer, ni d’apporter une quelconque once d’émotion, la faena va à menos et est mal conclue à l’épée.

Le quatrième invalide est remplacé par un exemplaire du même fer. Le sobrero prend deux piques, la première carioquée, la seconde trasera. Après un bon tercio de banderilles, Ponce le brinde au public. Le maestro de Chiva commence sa faena par des doblones genoux ployés. Il y a une justice, il a le meilleur toro du lot. Ponce construit une faena élégantes, avec de très beaux détails mais sans se croiser et parfois sur le pico. Il restera de cette faena, le final avec des poncinas dont l’effet esthétique est toujours certain. Enrique Ponce coupe une oreille après avoir tué à nouveau d’une épée habile et basse.

Le cinquième boiteux est protesté mais maintenu en piste. Il s’endort par deux fois sous le fer. Il est faible et noble donc soso. Manzanarès, sans forcer son talent, profite de sa charge un peu fade pour le toréer sur le voyage. Il enchaîne de jolies passes profilées, plus lentes que templées. Il se fait accrocher plusieurs fois la muleta. Final par redondos qui porte sur le public avant une entière légèrement tombée, avec une hémorragie mais suffisamment rapide d’effet pour en masquer les défauts.

Le sixième est manso. Sous le fer, il ne pousse pas et sort seul. Il prend en passant un picotazo après la sonnerie par le picador de réserve, le peon « de garde » n’ayant pas daigné l’en dissuader. Le Victoriano del Rio est fuyard et court de charge. Des six séries péguées par Cayetano, on ne retiendra que quelques derechazos à la troisième. Le reste manque d’émotion et d’intérêt par la faute conjointe du toro et du torero.

Ainsi se termine la première corrida du cycle dacquois, la Féria ne peut qu’aller à mas.

Fiche technique :
Arènes de Dax - première corrida de la Féria
Un toro de «  Toros de Cortès » (2nd) et cinq de Victoriano del Rio, dont un sobrero (4ème bis), justes de présentation et de forces, manquant de fond et de race pour :

Enrique Ponce : silence, une oreille
José Maria Manzanarès : silence, une oreille
Cayetano : silence, silence

Douze piques et picotazos, cavalerie Bonijol dont c’était le retour
Salut de Jocho et Jaime Padilla au quatrième
Président : Christophe Robin
Pas tout à fait le plein
Alternance de soleil et de nuages

Thierry Reboul