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Azpeitia (31/07/2019) : nouveau triomphe de Daniel Luque et vuelta pour Adrien Salenc...

b_250_200_16777215_10_images_temporadas_2019_Juillet_Salida_Azpeitia_31072019.jpgAzpeitia, tel le village d’Astérix et Obélix est le repaire d’irréductibles aficionados qui défendent leur arène entourée de plein de camps retranchés d’antis corrida par conviction animaliste ou réactions « anti hispaniques ». Avec le renfort d’aficionados français principalement du Sud-Ouest, mais pas que, les gradins de la charmante placita, sous la protection des religieuses du couvent voisin, sont presque totalement pleins à l’heure du paseo de la première corrida de la Féria 2019.

Dans le toril attendent six toros de la ganaderia Ana Romero, celle là même qui avait remporté le trophée mis en jeu lors de la Féria 2018. Bien dans le type, légers, avec des armures « commodes », les bichos, sauf le dernier, n’ont été piqués qu’une fois souvent mal mais en poussant. Les trois premiers sont sortis faibles et ont, comme les Pablo Mayoral d’Orthez, manqué de moteur. Le cinquième invalide a été remplacé par un Salvador Gavira trop mal toréé pour que l’on se fasse une idée précise de ses qualités et de ses défauts. Les quatrième et sixième avec plus de fond ont permis aux toreros de s’exprimer.
De la terna, on retiendra l’envie et l’application d’Adrien Salenc pas forcément récompensées à leur juste valeur face au sixième et la grande faena de Luque au quatrième.

Le premier sort avec une charge courte et avertit le torero sur la droite. Il met les reins pour une unique rencontre dont il sort affaibli. Daniel Luque l’amène au centre et commence sa faena par deux séries de derechazos manquant par la faute du toro, noble mais fade, et du torero de temple et de transmission. A gauche, le torero de Gerena est plus pueblerino qu’à son habitude, toréant de façon marginale. Retour à droite pour une série plus templée et en guidant plus la charge du toro. Une dernière série de naturelles profilées et le torero s’engage pour deux tiers de lame tombé qui provoque un début d’hémorragie, salut.

Le second humilie un peu dans la cape. Il manque de forces et tarde à partir quand on le cite que ce soit pour l’unique rencontre avec le groupe équestre ou au second tiers. David de Miranda le double avec efficacité. Le toro, noble mais faible, ne va pas aider le torero. D’un autre côté, le toreo marginal et en permanence sur le reculoir de De Miranda n’aide pas le toro à aller à mas. Beaucoup de passes sur le voyage avec un troisième temps escamoté, un toro qui manque de moteur et de classe, tout cela se traduit par une faena brouillonne et vite ennuyeuse. De Miranda tue d’un adroit julipié, son puntillero lui par contre est maladroit. Salut pour le torero et sifflets à l’arrastre.

Le troisième est reçu à la cape par Adrien Salenc avec efficacité et même élégance. Bien mis en suerte, tardo, il prend une pique dans l’épaule en poussant. Comme les deux premiers, il est faible. Comme à Eauze, le français a envie de bien faire. Il commence par une série de doblones conclue par un élégant changement de main. A droite le toro est très court de charge. Il est meilleur à gauche et permet à l’arlésien de construire un belle série de naturelles posées qui pèsent sur le toro. De façon surprenante, le torero ne continue pas à gauche. Retour à droite, corne sur laquelle le toro ne s’est pas amélioré, le Ana Romero est devenu parado et le public incite Salenc à abréger négligeant la possibilité de revenir sur le meilleur piton. Après un pinchazo et une entière légèrement tombée, Adrien salue et le toro est sifflé.

Dès les premiers capotazos, Daniel Luque a identifié le potentiel du quatrième toro. Très belle série de capotazos avant une pique légère prise en poussant. L’Ana Romero est juste de forces mais est très noble et a plus de longueur de charge que les trois précédents. Luque le met au centre et commence la faena par trois séries de derechazos alliant temple et domination. La seconde sera le meilleur moment torero de la tarde. A gauche, le toro est plus hésitant. Avec élégance, Luque l’oblige à suivre le leurre et peut lier une seconde très belle série de naturelles. Retour à droite, pour une série en rond, le torero pose l’épée et après de très belles naturelles finit sa faena par des luquecinas qui soulèvent l’enthousiasme des gradins. L’épée entière et en place est efficace et la présidence accorde deux oreilles. L’arrastre est applaudie.

Le cinquième, invalide, est renvoyé au toril. Il est remplacé par un Salvador Gavira costaud et bien armé qui prend une pique en se défendant avant de sortir seul. Le toro est noble. Il n’a pas la suavité d’un Buendia mais ne semble pas poser de problèmes particuliers. David de Miranda ne va jamais trouver le sitio. Ses muletazos sont brouillons, il recule à chaque passe. Mon voisin se demande comment un torero avec si peu de recours (ou de motivation) a pu sortir à hombros à Madrid. De Miranda a du mal à fixer un toro qui s’est décomposé par la faute du torero. Entrée à matar très prudente, une tiers de lame tombée, le public s’énerve et siffle le torero de Huelva.

Le sixième prend un puyazo en poussant et provoque une chute causée plus par la piètre qualité du cheval que par la force du toro. Adrien est très motivé. L’Ana Romero est noble mais manque de charge. Le français baisse la main. En conduisant bien, il allonge la charge du toro. Le toro humilie et Adrien, plus posé et relâché qu’à son premier (ou à Eauze) enchaîne de bonnes séries sur les deux pitones. Bonne faena, avec un final plus trémendiste, l’épée légèrement tombée est efficace. Timide pétition, vuelta très applaudie du torero, il y a eu à Azpeitia des oreilles qui sont tombées pour de moins bonnes faenas.


Fiche technique :
Arènes d’Azpeitia, première corrida de la Féria 2019
Cinq toros d’Ana Romero, d’apparence légère (promedio affiché à 500), de têtes commodes, nobles mais justes de force et un sobrero de Salvador Gavira (5 bis) pour :

Daniel Luque : salut au tiers, deux oreilles
David de Miranda : salut au tiers, sifflets
Adrien Salenc : salut au tiers, vuelta al ruedo

Sept piques, cavalerie Peña (Séville)
Quasi lleno
Nuages et température frisquette typiques de cette région du pays basque

Thierry Reboul