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"Il était une fois la Révolution", par Jacques Lanfranchi...

b_250_200_16777215_10_images_actualites_2018_Mai_Revolution_1.jpgCela pourrait être pour le cinquantenaire de l'An 68, Sean Mallory alias James Coburn et sa fameuse casquette (couvre chef qu'arborait en tienta l'ami regretté et piquero Jacques Monnier, et dont il était fier!).

Mais aussi le phrasé musical « Chante, chante, chante, chante » de Enio Morricone qu'illustre le film, titre de l'article.
Voire les exploits de « Dany Le Rouge », apodo du Sieur Cohn-Bendit (1), dont la nationalité allemande (de l'époque) lui permettait de « se faire le quite » par le Pont de L'Europe, au-dessus du Rhin (frontière Strasbourg- Kehl), quand cela chauffait trop dans le mois de Mai parisien...
Non, dans le sud de la France, deux révolutionnaires défendaient « le fait d'être Torero, et Français à la fois » : Alain Montcouquiol « Nimeño I » et Bernard Dhombs « Simon Casas ».
Ce dernier, le 15 juillet 1967, pour sa présentation en piquée (sic) à Madrid a coupé l'oreille à un novillo de Charco-Blanco, premier français à couper à Las Ventas.
Il sera répété le 22 juillet, et le 5 août ; dans la « Catedral del Toreo »,
Le 7 avril 1968, il se présente (avec les chevaux) en France à Lunel avec Juan Galan Sanchez « Josele » et Sebastian Martin « Chanito », il coupera une oreille à un toro de Monsieur Hubert Yonnet.
Le 5 mai voit la novillada de la Cape d'Or (2) à Nîmes, le 6 voit les affrontements Police Manifestants à Paris, faisant 460 blessés.
La France s'embrase, la feria nîmoise est annulée.
b_250_200_16777215_10_images_actualites_2018_Mai_Revolution_2.jpgLe 29 septembre, dans la Rome Française, c'est la corrida des Vendanges. Toros de Juan Pedro Domecq pour Antonio Ordoñez, Palomo Linares (présentation à Nîmes), Francisco Rivera « Paquirri ».
Au quatrième toro, dévolu au maestro de Ronda, sous la ire du public scandant « des cornes, des cornes », le maestro se retire à la barrière.

 

b_250_200_16777215_10_images_actualites_2018_Mai_Revolution_3.jpgSimon Casas saute en piste, le torero lui tend épée et muleta. Après quelques passes, le toro est estoqué, Abrazo de Antonio à Casas.

Ce dernier implore à genoux, le pardon de la présidence. Il est amené par les autorités, sous les applaudissements du conclave.
En décembre de cette fameuse époque, « Simon Casas » et Nimeño reçoivent le prix « Fondation de la Vocation » dont le parrain est André Maurois pour cette promotion.
Une autre révolution, car c'est une reconnaissance du métier de l'arène : être Torero.

b_250_200_16777215_10_images_actualites_2018_Mai_Revolution_4.jpgUne année fondatrice qui « dynamitera » comme James Coburn, les A priori sur la Toreria française et favorisera l’avènement des toreros français y compris dans l'hexagone !
Le 27 septembre 2016, Las Ventas de Madrid a un nouveau patron. «  Le séfarade parti de Tolède, il y a cinq siècles, est devenu le patron des plus grandes arènes du Monde » Simon Casas.

Ceci est une autre histoire!

Brindis aux toreros français d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

 

Jacques Lanfranchi « El Kallista »
mardi 15 mai 2018

(1) éminent chef politique « des verts », il est bien sûr anti-taurin.
(2) Novillada de la Cape d'Or le 5 mai 1968, toros de Luisa Flamarique, épouse de Pablo Chopera pour Jose Luis Roman, Jose Falcon et Rafael Roca.

Crédits photos :
1 et 3 collection personnelle
2 Mouraret DR
4 Spitzer DR