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"Opiniâtre et non-conformiste, CAPTON creuse obstinément son sillon. CAPTON
est un artiste engagé, un peintre qui porte hauts son exigence, son expérience
et son statut. Artiste de la Nouvelle Renaissance, CAPTON revendique
l'héritage des anciens maîtres et leur idéal de beauté. Car c'est bien de
beauté dont il est question, de l'émotion et de l'élévation de l'esprit
qu'elle génère.
Sa recherche picturale fait souvent référence à l'univers de la ruralité.
Il y puise l'inspiration. La contemplation de sujets simples alimente sa
réflexion sur le monde d'aujourd'hui. Depuis quelques années déjà, vaches
et taureaux accompagnent ses questionnements quant à la compétence et la
légitimité de l'Homme dans le gouvernement du monde.
Les bovins nous ont assistés dans notre évolution du chasseur-cueilleur à
l'éleveur nomade, puis lors de la sédentarisation du cultivateur, bâtisseur
de cités et d'états. La contribution de ces animaux à nos civilisations a été considérable : alimentation et force de travail ; tellement essentielle
que nos ancêtres les ont intégrés à leurs croyances, élevant ces modestes
ruminants au rang des divinités majeures, entités souvent bienveillantes,
mais aux pouvoirs destructeurs si considérables qu'elles inspiraient autant
d'adoration que de terreur.
La vache fut ainsi identifiée au Féminin, à la déesse-mère, à la fois
Terre, nourricière abondante et généreuse quoique capricieuse et sujette à
de terribles sautes d'humeur, et Lune, mystérieuse, séduisante et cruelle
reine de la nuit. Le taureau, puissant Soleil incarna le Mâle, fécondateur
mais, hélas, trop souvent enclin à de trop brûlants excès, ce dieu-roi qui,
dans les antiques sociétés matriarcales, devait être sacrifié après une année
de règne, celui dont le sang répandu ensemençait la Terre et assurait
la prochaine récolte.
Combien de jardiniers, amendant la terre de leur potager avec du sang séché
et de la corne broyée de bovins, ont-ils depuis la nuit des temps, consciemment
ou non, perpétué ce rite païen ?
Tout au long des siècles, sous leurs divers avatars, ces deux principes ont
régné sur nos peines et nos joies, face à la vie, face à la mort, sur notre
espoir d'immortalité. Aujourd'hui même, alors que ces antiques divinités
transparaissent encore derrière les grandes figures du monothéisme, alors
que la question religieuse reprend une importance telle, qu'elle occulte la
spiritualité, CAPTON évoque dans sa peinture les origines bovines de nombreux
mythes fondateurs, et rend hommage, après tant d'autres artistes, à
la modeste et somptueuse beauté de ces animaux irremplaçables."
Éric BESNARD Commissaire d'expositions |