La chronique de Marie Barcelo
Pablo Hermoso de Mendoza dévoila dès la première farpa un toro des plus intéressants, d'une fixité et d'une continuité dans sa charge des plus plaisantes. Chenel nous envouta de ses quiebros même si le toro n'y répondit pas correctement et obligea le cavalier et sa monture à prendre plus de distance sur les derniers effectués. Icaro finit de nous convaincre lors d'un véritable tête à tête avec le toro hallucinant. Pablo le tua au premier essai et coupa donc une oreille.
Face au second il utilisa un nouveau cheval de salida acheté au torero à cheval retiré Tony Martins. Une vraie reconnaissance pour cet excellent dresseur de chevaux de Mauguio. Mais le clou de la faena ce fut bien le cheval Pirata qui nous l'offrit. Outre sa force et son agilité lors de la pose des banderilles courtes les rennes attachées à la ceinture, ce cheval de caractère alla attaquer l'animal mourant une fois son maître à pied. Une réaction inattendue qui provoqua la stupeur et l'euphorie du public qui demanda obtint les deux oreilles et la queue pour Mendoza.
El Juli s'entendit de suite avec son premier toro généreux bien qu'il n'offrit pas tellement de spectacle sous le fer à deux reprises. Il enchanta par sa mobilité et la droitesse de sa ligne de conduite dans le leurre du maestro présenté avec tant de goût. La tableau aurait été parfait si l'animal n'avait rapidement gratté le sol et émis plus de réserves, ombrageant cette faena de sérieux doutes sur la race de celui-ci. Deux pinchazos et une entière. Salut avec pétition d'oreille.
Son second s'endormit dans le peto lors de la première rencontre avec le cheval et la deuxième fut carrément minime. Par la suite le madrilène révéla un toro que peu attendaient grâce à une détermination qui alimenta une profondeur insoupçonnée. A force de douceur et de temple il façonna une de ces oeuvres dont lui seul a le secret : Des recours techniques riches d'années d'expérience et une intelligence, une anticipation des désirs du public déroutante. Un pinchazo, une grande entière : Deux oreilles.
El Cid fut habile face à son premier qu'il fallut attendre un instant après chaque toque à la cape : De quoi vous déstabiliser. Après deux piques dont une légère, ce toro posa quelques problèmes dans la muleta. Sans transmission, il se fit désirer à gauche et n'offrit qu'une charge violente à droite. Notre torero se démena pour animer les débats même si ce fut un peu tard. Une entière et descabello.
Son second impressionna à la pique : Il renversa le cheval lors de la première rencontre et poussa avec bravoure lors de la seconde. El Cid nous offrit un début de faena aux saveurs artistes, et décelant plus d'option sur cette corne il initia les débats à gauche et nous fit goûter de ses fameuses naturelles. Mais ce toro changea rapidement, grattant le sol et plus désordonné. Il le tua d'une entière foudroyante.
Marie Barcelo
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