La chronique de Marie Barcelo :
Istres
Dimanche 20 Juin
6 novillos de Alain Tardieu 6
pour
Paco Chaves
Cristian Escribano
Thomas Dufau
Excellente novillada de Tardieu au cours de laquelle aucun des novillos, tous joliment présentés, ne déçut. Donnant tous du jeu avec un réel fond de noblesse, le cinquième fut d'ailleurs primé d'un vuelta posthume. Le prix du meilleur novillero fut remis au français Thomas Dufau.
Paco Chaves ne prit pas tellement de précautions à la cape malgré un vent terrifiant. Son novillo poussa bien lors de l'unique pique avant de participer à un tercio de banderilles fort bien mené. A la muleta il fut impossible d'atteindre une quelconque émotion. Le vent gêna le jeune homme qui se fit désarmer à plusieurs reprises par ce bon novillo porteur de qualités mais qui ne put être mis en valeur. Pourtant déterminé Chaves termina par quelques manoletinas désespérées et le tua d'une bonne entière.
Son second se révéla plus faible et fut donc peu piqué. Il privilégia pourtant le tercio de banderilles avec quatre paires. A la muleta impossible de dire pourquoi rien ne se produisit. Ce bon novillo ne demandait pas mieux que de s'exprimer, et le torero ne ménagea pas ses efforts mais son style guerrier laissa le public sur sa faim. Trois pinchazos, une entière.
Cristian Escribano se mit vraiment en danger à la cape complètement découvert par les rafales de vent et démuni face à l'allègre charge de son adversaire. Un longue pique à l'effet immédiat. Par la suite ce novillo révéla un excellent jeu, noble et généreux, conduit avec une vraie aisance. A gauche et sans même s'aider de l'épée malgré les bourrasques, il fit preuve d'un courage colossal, alliant à ceci un style artistique agréable. Le tout mené intelligemment. Un quart de lame et descabello. Salut au centre.
Son second fut très mobile, chargeant sans cesse au galop bien que l'unique pique pas vraiment soignée ne fut pas convainquante. A la muleta il mit un temps à s'adapter à cet extraordinaire novillo. C'est à gauche qu'il sembla se sentir le plus à l'aise, nous délectant une fois de plus de son style en parfait équilibre entre la rectitude et le toreo de ceinture, le compas plus ouvert. Une entière. Une oreille. Vuelta posthume pour le novillo.
Thomas Dufau fut vaillant lors de la réception de cape bien qu'il ne put réellement se poser, toujours pour la même raison. Après une mauvaise pique son exemplaire collabora et humilia dans le leurre parfaitement présenté par un jeune homme en constante progression. Très torero il afficha un calme déconcertant. A gauche la tâche s'avéra moins évidente : la muleta sur la tête à cause du vent il eut parfois tendance à lever la tête mais Thomas arrangea cela illico en baissant la main, imposant finalement sa tauromachie pleine de promesses.
C'est très impliqué et motivé qu'il reçut son second par doblones avant de le mener au cheval pour deux rencontres lors desquelles il poussa très fort. Après avoir brindé son combat au maestro Denis Loré il garda sa muleta toujours bien avancée malgré une véritable tempête à ce stade de la novillada. Il ne tricha jamais et resta constamment très croisé, se livrant corps et âme à une œuvre méritoire saupoudrée de trincherazos et autres fioritures délicieuses. Une demie lame. Salut
Marie Barcelo |