La chronique de Marie Barcelo :
C'est une véritable après-midi de toros-toros que nous avons vécu à Beaucaire avec un public satisfait par le jeu des Lopez Gibaja, au piques notamment. Inutile de dire que les toreros eux ont éprouvé moins de plaisir, s'évertuant à animer la plupart des exemplaires à la muleta, hormis les 3ème et 5ème plutot bons, dangereux les 1er et 4ème.
Le triomphateur de la corrida fut Alberto Aguilar, le jeune et vaillant protégé de Stéphane Fernandez Meca, coupant une oreille à chacun de ses adversaires. Malgré un vent violent il reçut son premier en cherchant rapidement à s'imposer en gagnant du terrain par véroniques à ce toro qui répétait avec puissance. Il renversa d'ailleurs le cheval lors de la première rencontre et poussa fort bien lors de la seconde. Moins convaincu par la corne droite que la gauche, Aguilar débuta donc par naturelles auxquelles il donna peu à peu plus de liaison, malgré de dangereuses bourrasques. Vaillant et poussé par sa fierté il tenta tout de même de le toréer à droite, le temps d'une série arrachée à l'impossible tant le toro se défendit jusqu'à ne plus charger. Il tua d'une entière et coupa donc une oreille. Il fit front face à son immense second. Chargé d'envie il s'appliqua à placer son toro au cheval et le mena pour une première rencontre par chicuelinas marchées puis le placa à nouveau assez loin pour la seconde d'où celui-ci chargea au galop. Après avoir brindé son combat à son club taurin beaucairois il révéla un toro finalement plus arrêté à la muleta qui le mit beaucoup à l'épreuve. Il n'eut d'autre choix que de se comporter en épatant guerrier. A gauche sans épée malgré le vent et le danger de la bête il présenta toujours le leurre très en avant, preuve de son courage. Une entière, une oreille.
Miguel Tendero fut mis en danger dès la cape par les bourrasques de vent et un toro au caractère bien trempé, pourvu d'une charge détonante. Il prit deux piques dont il sortit seul sans s'employer vraiment. Il se révéla pourtant relativement doux dans la muleta de Tendero qui lui aussi prit les choses avec délicatesse. A droite il fut obligé de baisser la main à cause du vent, ce qui ne convenait pas toujours à cet exemplaire qui montrait des signes de faiblesse. Il pincha puis le tua d'une entière. Son second prit deux piques sans relief. Le jeune homme réalisa muleta en main une entame des plus convaincantes par doblones, obligeant ce bon toro à humilier la main constamment très basse. A droite il trouva rapidement la distance adéquate et se relacha pour donner les meilleures passes de l'après-midi avant de se faire violemment accrocher. Il se remit pourtant à droite et gagna encore un degré en profondeur. Il échoua malheureusement aux aciers.
Roman Perez tenta d'animer un premier toro déjà peu mobile à la cape, ce qui ne fut évidemment pas arrangé par deux rencontres avec le cheval. Il se révéla pourtant assez maniable dans la muleta, ne voyant que le leurre mais Romain dut redoubler d'efforts pour transmettre une quelconque émotion. Une demie-lame. Examinant son second toro à la cape, il le fit piquer par deux fois bien qu'il aurait préféré le préserver pour la suite. Il tenta ensuite d'en découdre avec cet animal impossible et quasiment invalide. Il tua d'un pinchazo et d'une entière.
Marie Barcelo
Beaucaire (30) - 24 juillet 2010
1/2 arène -Temps chaud avec Mistral soufflant en rafales, souvent génant
6 toros de Antonio López Gibaja, charpentés, correctement présentés à l'exception du 2ème aux cornes suspectes, compliqués les 1er et 2ème ; violent le 4ème ; bons les 3ème et 5ème ; invalide le 6ème. 12 piques, supérieures les 1ère et 4ème.
Alberto Aguilar : Oreille / Oreille
Miguel Tendero : Silence / Salut
Roman Perez : Silence / Silence
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