Mateo Julian se démarqua véritablement à la cape, faisant preuve d'un temple à toute épreuve et d'une élégance implacable. Trouvant en un éclair le rythme idéal de ce bon becerro, il parut à l'aise, le menant là où il voulut avec une douceur et un art communicatifs. Il pincha lui aussi à quatre reprises avant de le tuer d'une entière.
Son second se révéla moins coopératif, le pire du lot car bien plus réfléchi. Muleta en main Mathieu dut perdre quelques pas entre chaque passe sans trop avancer le leurre de manière à profiter de la fin du voyage, mais toujours en toquant fermement. Il dut ensuite faire preuve d'ingéniosité face au danger de cet adversaire de plus en plus court et choisissant parfois le torero au leurre. Il lui mit deux épées et fit la vuelta.
Fabio Castaneda hérita d'un becerro bien plus tonique qu'il banderilla de manière spectaculaire et non sans danger. Il resta dans le même ton à la muleta, débutant à genoux et faisant face aux rapides arrancades de ce becerro. A gauche il chercha à dominer et ralentir l'animal la main basse sans toutefois baisser la garde. Dommage qu'il rallongea tant sa faena. Deux pinchazos, une entière et un coup de descabello.
Il fut tout aussi vaillant à la cape face à son second avant de protagoniser un formidable tercio de banderilles dont une paire par quiebro al violin. A la muleta il dut faire ace à un problème majeur: cet imposant adversaire fuyait aux planches. Il dut donc le toréer dans ce terrain, parvenant à lui voler quelques excellentes passes, puisque cet adversaire fut malgré tout noble et humiliant suffisamment. De cette manière il prit des risques et surpassa ces difficultés, gagnant ainsi l'approbation du public. Une fois encore il échoua aux acier, le privant ainsi du moindre trophée.
Marie Barcelo |