
Photo : El Tico |
Pour les adieux de Luis Francisco Espla à l'Aficion Française, Simon Casas avait mis les petits plats dans les grands avec, en guise de caviar, six toros de Juan Pedro Domecq bien faits, dans le type de la maison. Les compagnons de cartels n'étaient autres que Enrique Ponce, adulé ici et Julio Aparicio, en quelque sorte le torero local.
Le lot d'aujourd'hui peut amener différentes observations suivant l'angle sous lequel on le regarde. On peut bien sur parler de cette faiblesse quasi endémique, qui agace les détracteurs de cet encaste. Mais on peut aussi s'extasier devant ces "machines à embestir", sans mauvais gestes, fruits de tant d'annnées de sélection, qui pouraient faire douter de leur qualification de "Toros de Lidia". Pourtant, c'est dans le combat qu'ils sont les meilleurs. Mais un combat calibré, pensé, policé. Et à ce jeu là, c'est toujours Ponce qui gagne...
Luis Francisco Espla a touché un bon mais faible premier. Au terme d'une faena technique et académique, l'Alicantin le couchait d'une demi-lame et de deux descabellos. Géné par le vent en début de faena, il trouva devant le toril un terrain plus abrité, qui convenait également à son second "Juanpedro". Conclue par statuaires, media et un nouveau descabello, sa prestation était récompensée d'une oreille chaleureusement fêtée. Salut / Oreille.
Enrique Ponce s'accorda parfaitement avec le superbe jabonero, juste de maille, sorti en deuxième position. Il trouva rapidement son rythme et la faena se déroula, douce et suave comme le toro, telle une caresse. Seul le manque de force du toro empêcha cette première prestation du "Maestro de Chiva" d'atteindre les sommets dont il est coutumier. Couché d'une demi-lame après pinchazo, le toro lui offrait une première oreille. |
Ces sommets là, il allait les atteindre avec le cinquième, un toro qui s'était agenouillé par trois fois déjà, mais dont il brinda la mort au public. Et en effet, la douce mélodie recommença au stade où elle semblait s'être arrêtée quelques trente minutes avant. Et cette fois elle dura, jusqu'aux circulaires genou plié et en écart, qui firent rugir le public. Hélas, alors que les deux oreilles semblaient dans son escarcelle, le roi Henri pincha six fois... Oreille / Vuelta
Julio Aparicio, très décidé au capote, servit une faena laborieuse à un toro noble et plutôt bon, dont il ne trouva jamais le rythme. Le dernier de l'envoi permettait aussi, semble-t-il, mais l'Artiste ne s'imposa qu'une naturelle, mais quelle naturelle... C'est pour ça qu'elle est deux fois en photo... Quelques applaudissements / Silence. |