Michelito: Vêtu d'un costume mexicain et armé d'un sourire en faire fondre plus d'un, il réalisé une réception de cape toute personnelle, très intrégué et optant pour la touche artiste. Il brinda au maire d'Arles Mr Hervé Schiavetti avant de dévoiler un petit torero d'une dextérité frappante, jamais bousculé, jamais rattrapé, se sortant de chaque situation avec malice. Il servit ensuite quelques derechazos posé sur les reins toujours dans cette note baroque qui lui est propre, saupoudrant le tout de quelques rémates et détails délicieux, le tout avec beaucoup de goût. Deux oreilles symboliques.
Son deuxième ralenti par une longue course à travers la piste se révéla plus court. Pas de problème, Michelito s'adapta en brodant, et sut malgré tout convaincre son public. Une oreille symbolique.
Gregorio Lopez fut enjoué à la cape, évaluant les capacités de son exemplaire avant de le brinder à Paquito Leal. Et le résultat tomba vite: chargeant lui aussi à la moindre sollicitation et de loin, ce becerro offrit à nouveau à son torero une véritable opportunité de triompher. Malheureusement un échec aux aciers vint ternir le tableau. Silence.
Morad Balti fut époustouflant d'aguante à la sortie de son becerro: de dos au centre de la piste, réalisant une gaonera passée à quelques millimètres. Décidément ces arlésiens font preuve d'une détermination à toute épreuve. Morad fut la révélation de cette matinée, enchainant à la muleta des passes plus suaves les unes que les autres, posé et serein. Le becerro quant à lui fit honneur à ses frères, noble et d'une franchise implacable. Le jeune arlésien finit par s'imposer au novillo, marquant son terrain et ne faisant pas cas des bousculades. Une entière. Deux oreilles. Vuelta posthume pour le becerro.