Julio Aparicio : Ayant trouvé le partenaire idéal, sa première faena fut un modèle de douceur et de précision. Egrenant une à une des passes d'une beauté saisissante, le sévillan laissa planer des effluves de duende et ne referma le bouchon qu'au moment de l'estocade, pas laide, mais provoquant une hémorragie qui indisposa une partie du public. Celui-ci resta en retrait et l'appela seulement pour qu'il salue, alors qu'une oreille n'aurait pas été scandaleuse. Le quatrième du jour était veleto et avait mauvais caractère. Julio Aparicio réussit à nous convaincre qu'il n'y avait rien à en faire. Et effectivement, il n'en fit rien. Mais ce n'est pas grave, les détails de sa première prestation auraient du suffire à contenter quelques siffleurs qui l'accompagnèrent vers la sortie. Lorsqu'on vient voir Placido Domingo, il ne faut pas s'attendre à ce qu'il s'approprie le répertoire de Plastic Bertrand... Il y en suffisamment qui peuvent le faire. Salut / Quelques sifflets.
"El Juli" : A survolé ses deux combats comme à son habitude, faisant preuve d'une puissance et d'un pouvoir unique sur la planète toro. Son premier adversaire était noble et brave. Le madrilène termina sa faena comme il l'avait commencée, les pieds rivés au sol sur un mouchoir de poche, le toro ayant fait de multiples fois le tour de sa personne au gré de ses inspirations. Le cinquième de l'envoi se présenta affaibli dans sa muleta et de fait plus compliqué. Qu'à celà ne tienne, Juli recommença son numéro d'hypnotiseur et le toro plia. Deux Oreilles / Oreille
"Sebastian Castella" : Dès les premiers lances de capote, le toro se montra andarin et suelto. Géné qui plus est la un regain de Mistral, le bitterois se contenta de le mener par deux fois à la cavalerie sans se livrer. Mais le Juli avait placé la barre très haut, et Sebastian se devait de répondre immédiatement, même avec ce toro qui semblait peu clair. Nous fûmes rapidement fixés, après un changement de main qui ralentit inexorablement la charge du bicho, et fit rugir l'amphithéatre. A l'issue d'un final entre les cornes et malgré un avis, Castella coupait les deux appendices de son adversaire. Le sixième du jour transmettait peu, mais le bitterois lui joua le grand jeu et s'appuya sur lui pour réaliser une nouvelle grande prestation, également récompensée de deux oreilles. Deux oreilles après avis / Deux oreilles après avis.
Laurent Deloye "El Tico" |