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Féria d'Istres

Dimanche 21 juin 2009 - soir

6 "Escolar Gil " 6

pour

Rafaelillo

Sergio Aguilar

Antonio Joao Ferreira

Entrée : 3/4 arène

Temps : Soleil mais MIstral soufflant en rafales

Photo : Daniel Chicot

Rafaelillo (vert et or) fut propre à la cape, conduisant son toro par larges capotazos efficaces. Il le mena ensuite pour une unique rencontre avec le cheval lors de laquelle il s'endormit quelque peu. Muleta en main, il tenta d'abord de gérer le vent mais en prime un toro qui n'humiliait pas et donnant sans arrêt de violents coups de tête. Quelle souffrance. Mais, habitué à ce genre de difficultés et disposé à profiter de chaque opportunité donnée, Rafaelillo réussit peu à peu à lui extirper quelques naturelles très respectables. Une demie-lame plate et descabello.

Il dut tenir le rythme de son insatiable second qui lui aussi se retournait plus vite que son ombre. Après une première pique en poussant pas mal et une seconde plus légère, il fit saluer son banderillero pour deux poses des palos parfaites: J. Mora Manzano. Muleta en main ce toro garda biensur son défaut tout en obéissant bien au leurre. Qualité que Rafaelillo exploita grâce à un toque parfait et un ligazon communicatif à droite. Ce toro se révélant peu à peu le meilleur de la tarde, Rafaelillo redoubla de courage sans prendre en compte quelques avertissements et bousculades, il approfondit les passes à chaque occasion donnée, profitant d'un adversaire transmittif et humiliant énormément. Une bonne entière, deux oreilles et vuelta al ruedo pour ce toro.

Sergio Aguilar (rouge et or) s'évertua à la tauromachie classique à la cape et se posa sur quelques véroniques bien entamées. Après deux piques en poussant fort il s'engouffra dans la muleta du torero qui s'imposa d'entrée par doblones ressentis, malgré les retours instantanés de ce toro. Cependant, toujours précisément replacé et usant d'un toque imposé exactement au bon moment, il parvint à le contraindre à son rythme, malgré un adversaire toujours plus avisé au fil des minutes qui bondit plus qu'il n'embestit et se révéla impossible à gauche, mis à part deux ou trois naturelles adroitement volées au passage. Une bonne entière.

Après deux piques sans pousser, ce toro dévoila une tendance à beaucoup serrer le torero à gauche, le devinant peu à peu sur l'autre corne. Aguilar se bagarra dans l'indifférence générale contre un toro sans aucune transmission jusqu'à un sérieux accrochage où tout le monde le crut touché. Par chance il ne fut que contusionné et retourna au combat en s'arrimant toujours plus. Une 3/4 de lame.

Antonio Joao Ferreira (bleu nuit et or): Voyant que son premier adversaire l'avait mis deux fois en difficulté à gauche, il le toréa surtout à droite pour le mener au cheval. Ce toro y entra d'ailleurs sans grande conviction à deux reprises. Après avoir banderillé avec brio, il dut énormément se croiser muleta en main et l'attaquer avant que ce ne soit lui qui charge. Il fut bref sur une corne gauche impossible mais valeureux à droite, menant même quelques passes jusqu'à de ravissantes terminaisons. Une formidable entière, une oreille.

Reçut son second avec beaucoup d'élégance par delentale ajustés sous les olés d'un public rafraichi, se jetant même à genoux pour la media finale, et ce non sans risques quant le toro se retourne avant même que vous n'ayez eu le temps de vous relever. Ce toro prit ensuite deux piques en poussant la tête en l'air avant de recevoir un frissonnant tercio de banderilles. Endurant dans sa muleta un cornu aussi véloce qu'un TGV, il chercha beaucoup à arrondir ses passes, parfois trop, souvent en créant ainsi un effet esthétique captivant et gagnant une vraie profondeur. Bonne épée.

 

Marie Barcelo

Reportage Photographique : El Tico photos

 

 

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