Rafaelillo démarra de la même façon à la cape, comme une réponse faite à son companero précédent. Le toro poussa sur le côté lors de la première pique, et la deuxième d’un peu plus loin de fut pas plus convaincante. Après avoir brindé au public il servit un début de faena tout en douceur interrompu par la faiblesse du toro. C’est à gauche que Rafaelillo eut parfois l’occasion de marquer quelques notes profondes, profitant de l’obéissance et de la totale soumission de son adversaire pour aller jusqu’à réaliser deux redondos appréciés unanimement du public. Cette faena quasiment entièrement gauchère se termina par un desplante de près jetant muleta et ayuda, audacieux… Une mort laborieuse vint gâcher ce formidable effort, salut aux tiers.
Surement motivé par les deux oreilles de son companero, il décida de recevoir son deuxième exemplaire par deux largas afaroladas, la corne frôlant sa temps. Pour la première pique il fut placé à une distance de 4 mètres environ, poussant longuement. La deuxième fut d’un tout autre ton puisqu’il poussa peu et sortit avec nonchalance. Ce dernier donna de violents coups de tête au départ mais le maestro tenta de la conduire le plus loin possible à droite. Plein d’ardeur et se surpassant, il réussit même à lui lier une série droitière bien cadencée, améliorant l’embestida du toro et distillant une vraie émotion. La main basse il le fit humilier et révéla un léger fond de noblesse. Une entière plate et lente à faire effet, descabello. Salut.
Julien Lescarret servit un début de cape efficace face à cet immeuble. Ce dernier prit une première pique quasiment du centre de la piste puis une deuxième de la même distance au trot, poussant légèrement plus. La troisième fut le fruit d’un malentendu avec Juan José Padilla, le toro se retrouvant mal placé donc la pique fut quasi nulle. Il s’appliqua ensuite énormément à la muleta, faisant charger son toro brave mais mou de dix mètres, pour la plus grande satisfaction du public. Julien l’attendit immobile, fixé, le bras bien devant et le regard sûr. Seulement ce toro gazapon accrocha le torero qui se retrouva un temps asphyxié. Il le pincha puis le tua d’une fabuleuse entière foudroyante, une vrai délivrance. Une oreille.
Il lidia surtout son second à la cape puis le laissa filer à la pique pour pousser convenablement. La deuxième rencontre envoya carrément le cheval à l’autre bout de la piste, avant que Lescaret change le tercio, cherchant à préserver son toro pour lui aussi faire un faenon. A droite il fut très ferme et réfléchi dès le début. Le toro se déplaçant bien il lui servit d’emblée deux séries droitières quasiment parfaites avant d’aller une nouvelle fois le toquer à 10 mètres, sollicitation à laquelle le toro répondit sans hésitation. A gauche, une par une au départ, il tenta peu à peu de ne plus laisser le toro s’arrêter pour trouver enfin cette émotion… qui n’arriva que trop tard. Sur sa faim et prêt à tout, il réalisa une surprenante série de manoletinas, immobile. Une mete y saca, une demie lame, une entière et descabello. Salut.
Marie Barcelo |