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Un week-end noir....

 

Photo : Roland Costedoat

Peut-être est-ce parce que cela nous touche cette fois-ci de plus près, mais il semblerait que le week-end des 22 et 23 août 2009 se positionne désormais comme l'un des plus noirs de cette saison taurine.

Le samedi 22 à Carcassonne, le novillero Juan Carlos Rey est blessé à la cuisse droite par un novillo de "Moreno de Silva".

Le lendemain, à Santa-Cruz de Retamar (Tolède), Arturo Saldivar, novillero mexicain, est violemment accroché par son opposant de la ganaderia de "El Cortijillo" qui lui occasionne une dissection de la fémorale avec arrachement du paquet vasculaire. Pronostic très grave. Evacué à l'Hôpital local "Virgen de la Salud", il a été opéré mais son état, qui est maintenant stabilisé, reste inquiétant..

Revenons en France, à Saint-Sever, où la blessure de Patrick Oliver, victime d'une cornada dans le cou, a été dans un premier temps sous-estimée avant que l'on ne découvre que la trachée avait été arrachée. Contacté à 18 heures ce lundi, Olivier Barratchart, son apoderado, nous a confirmé que malgré ce pronostic grave, le pire a été évité puisque cet endroit du corps est riche en organes vitaux. Opéré pendant plus de trois heures, le jeune Nîmois restera sous surveillance médicale en clinique à Bayonne pendant huit à dix jours, le problème étant la cicatrisation de la trachée, qui a du être reconstituée chirurgicalement.

Et enfin, retour de la légende noire sur nos terres languedociennes de Carcassonne où un novillo de Miura a sauté à deux reprises dans le callejon, blessant affreusement l'alguazil Christian Baile, figure de l'aficion locale, qui lutte encore pour sa vie à l'heure où j'écris ces lignes. Encorné une première fois au niveau de la cuisse, l'infortuné n'aura pas le temps d'être évacué avant que le Miura ne saute une nouvelle fois dans le callejon et se rue à nouveau sur lui, lui infligeant deux nouvelles cornadas dans la poitrine et l'abdomen, avec éviscération.

Les toros restent les toros et bien souvent, sans que ça n'émeuve personne car les toreros nous ont souvent bluffé quant à leur capacité de récupération, des hommes payent de leur sang leur passion. Mais des week-ends comme celui-ci doivent nous rappeler que le risque zéro n'existe pas en tauromachie, d'où que l'on se place. C'est le prix à payer pour que notre Fiesta perdure à l'heure où l'on parle de plus en plus de ces "corridas incruentes" et pour que l'on n'oublie pas le respect que l'on doit à ces animaux que l'on tue parce qu'on les aime, et aux hommes qui se mettent devant...

Laurent Deloye "El Tico"

 

 

 

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