Sebastián Castella a d'abord eu affaire à un exemplaire de peu de force et de fond. Bien qu'il l'ait ménagé au cheval, le toro a rapidement montré sa faiblesse à droite obligeant le français à prendre la muleta main gauche, côté par lequel il se déplaçait le mieux et permettant ainsi quelques muletazos bien tracés. Malgré les attentions du biterrois, l'Algarra chûta à nouveau au sortir d'un pecho, provoquant le mécontentement sur les étagères. Le matador le coucha d'une entière.
Le cinquième est sorti en jetant les pattes en avant et Castella l'a reçu de lances de capote donnés les pieds joints. Après l'avoir conduit une fois au châtiment, le toréro de Béziers a débuté son travail muleteril avec deux circulaires les pieds cloués dans le sable, aguantant la charge sans bouger. Il a de suite racourci les terrains, construisant une faena entre les cornes d'un exemplaire de peu de charge qui n'humiliait jamais vraiment. Il l'a estoqué d'une demie suivie d'un descabello et a coupé deux oreilles.
Miguel Ángel Perera a salué le troisième de l'après-midi de lances de capote les pieds joints, avant de l'amener au cheval où il a pris un puyazo dont il est sorti blandeando. L'extremeño a ensuite effectué un quite par chicuelinas mais le toro a recommencé à fléchir sous les protestations du public. Le début de faena s'est fait par le haut, mais s'est poursuivi sans relief par la droite à causes des génuflexions répétées du toro. Après avoir tenté de poursuivre sur le piton gauche, sans succés, il s'est profilé pour porter une estocade en arrière qui a cependant été suffisante pour en finir avec un exemplaire sifflé à l'arrastre.
Le sixième boîtait ostensiblement et le président le renvoya fort logiquement aux chiqueros. Est ensuite sorti un sobrero du même fer qui, après avoir correctement rematé aux planches, prit un puyazo tête basse dans le peto et en mettant les reins. Perera a brindé son adversaire à l'assistance et a initié la faena de muleta au centre du ruedo, de deux cambiadas dans le dos. Il a pu donner ensuite les séries les plus liées de l'après-midi à l'unique bon toro de la course. Cet Algarra prenait mieux la muleta sur le piton droit et le torero a pu signer un muleteo templé et profond. Il est ensuite allé chercher l'épée au moment exact où le toro s'éteignait, et l'a estoqué après quelques bernardinas ajustées d'un estoconazo, le toro encasté luttant quelques instants bouche fermée. Deux oreilles
Daniel Daudet (www.sabiosdeltoreo.com)
Reportage photographique : Daniel Daudet  |