Le même jour à Carcassonne, l’alguazil Christian Baile a été blessé gravement par un novillo de Miura. Toujours le 23 août, à Santa Cruz del Retamar, prés de Tolède, le mexicain Arturo Sandivar a eu l’artère fémorale déchiquetée. Et à Marchamalo, proche de Guadalajara, Raul Velasco a pris une cornada de 12 centimètres dans la cuisse gauche. La veille à Carcassonne , Juan Carlos Rey a subi un coup de corne de 20 centimètres de longueur dans la cuisse droite.
Toutes ces blessures d’actualité ne font pas oublier les
antérieures, comme celle de Luis Bolivar reçue à
Malaga le 20 août,celle du banderillero Javier Gonzalez,
de la cuadrilla d’Ivan Vicente, qui a ressenti les
conséquences d’une blessure subie l’année dernière à
Saragosse. Et surtout celle de José Pedro Prados El
Fundi, particulièrement malchanceux ces temps
derniers. Ce fut d’abord une chute de cheval au
printemps. Il y eut ensuite des cogidas à Castellon , à
Toledo, à San Sebastian. Miguel Angel Perera, Juan
José Padilla ont aussi reçu le fruit de leur passion…
Force est de constater les merveilleux progrès réalisés
par la chirurgie taurine. Il y a ne serait-ce que cinq ans,
certaines de ces blessures auraient eu des conclusions
funestes. Mais le problème reste posé. Pourquoi tous
ces toreros blessés n’ont qu’une envie, celle de
reprendre au plus tôt la compétition.? Pour de
l’argent ? Peut-être. Mais surtout par passion, cette
passion qu’on nomme l’aficion.
Quoi de mieux pour répondre aux attaques incessantes
des anti-corrida. Ces gens qui nous abreuvent de
slogans stéréotypés du genre « Ceci est une torture »
ou encore « Ce n’est pas notre culture », oublient que
le torero est la première victime potentielle de la
corrida. La coutume assure que le toro ne se trompe
jamais, l’erreur vient du torero. Certes, mais le torero
assume pleinement son erreur. Et ne souhaite qu’une
chose : pouvoir retrouver au plus tôt ses marques face
au mythique adversaire que l’histoire d’un peuple lui
oppose.
Quel est donc ce personnage exceptionnel qui affronte
la mort après l’avoir provoquée, qui supporte les
conséquences de toute blessure et construit tout un
système de réhabilitation. A l’exemple de Todos somos
Adrian, un modèle de solidarité construit autour du
banderillero Adrian Gomez, à qui le sort a réservé une
vie en fauteuil roulant.
Le mois d’août peut et doit servir à entreprendre une
réflexion sur ce qui motive les toreros, au delà de la
simple issue de la corrida. Le grand nombre de
blessures doit servir de réponse aux attaques des
opposants .Quelle est donc cette profession où on ne
meurt pas dans de faux semblants théâtraux Où la
mort est une réalité quotidienne qu’il faut affronter ?
Jean-Louis Lopez
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