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LA CORRIDA AU QUOTIDIEN |
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Le jargon tauromachique a depuis longtemps dépassé ses frontières naturelles pour gagner un langage populaire. Poser une paire de banderilles décrit aujourd’hui une action très éloignée des arènes, de même que celle de porter l’estocade. Quant au terme de corrida, il est utilisé sous toutes les formes possibles et imaginables, synonyme le plus souvent d’agitation ou de désordre. Les aficionados qui sont aussi bibliophiles, ou tout simplement curieux, n’ont pas manqué l’occasion de noter le fait que bon nombre de romans policiers ou d’espionnage portent dans le titre le terme de corrida, sans pour autant développer le thème tauromachique dans leur contenu.
Les romanciers américains Stanley Ellin, avec La corrida des pendus, ou Latimer Jonathan et Corrida chez le prophète, Rod Garaway et une Corrida sanglante, Violet Winspear et La dernière corrida, Sidney Weintraub et une Corrida au Méxique, Ou encore des romanciers de diverses nationalités, comme Claude Rank et une Corrida pour un espion, Jo Bianchi et sa Corrida chez les hidalgos, Marc Revest et Corrida pour Kern, Yves Dermeze et Corrida pour une espionne, Ange Gabrielli et La corrida, Paul Kogan et une Corrida à Goettingen. |
| D’autres romans contiennent quelques références taurines, sans qu’il s’agisse du thème principal. On citera Jacques Alexandre et Le réseau de la mort, Claude Joste et Le nuage bleu, M.G.Braun et La peur libre, Auguste Le Breton et Bontemps et les jack-pots, ou Toreros et truands sous titré Du rififi à Barcelone, Stephan Marlowe et Le taureau par la queue, Charles Exbrayat et Olé…Torero , James Hadley Chase et Chambre noire, Juan Pedro Castillo et Vendanges mortelles, Michel Brice et La passe secrète du torero, C.A.Gonnet et Guerre froide à Madrid, ou Michel Averlant et Baroud à Barcelone. Et la liste est loin d’être exhaustive…La couverture de la plupart de ces romans est constituée par une scène de corrida, un moyen habile d’accrocher le lecteur.
Le langage taurin n’est pas seulement affaire de spécialistes. Les aficionados ont d’ailleurs d’autres lectures, plus particulièrement en ce début de temporada. Les programmes des différentes plazas françaises sont particulièrement alléchants. De Palavas avec Enrique Ponce, à Nimes avec José Tomas, Arles et les Miura et les Victorino, Alés, Vic Fezensac ou Bayonne, les affiches sont des promesses de bonheur. Et en période de crise économique et sociale, il est déjà bien agréable de constater que la foule a répondu présent en Espagne comme en France, lors des premières courses et ferias de ce début de saison.
Et là, il n’est plus question de jargon tauromachique. |
Jean-Louis Lopez

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