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jean louis lopez

José Tomas, torero d’époque ?

 

Photo : Archives El Tico

Le solo du 5 juillet dernier n’en a pas fini de faire couler encre et salive … Pensez donc, José Tomas seul contre six toros de Victoriano del Rio, El Pilar et Nunez del Cuvillo, dans les arènes de Barcelone ! Lesquelles n’en finissent pas non plus de faire parler d’elles. Cette semaine, une association a présenté au Parlement catalan 180000 signatures recueillies dans le souci d’interdire les
corridas en Catalogne. Et aussi paradoxalement que cela puisse paraître, les arènes de Barcelone, la fameuse Monumental, ont fait le plein complet ce 5 juillet. Il y avait certes bon nombre d’aficionados français, mais aussi et sans doute surtout, toute une intelligentsia catalane, les faiseurs d’opinion en tête. Et tout le monde s’est retiré ravi du spectacle fourni par José Tomas. Qui obtint cinq oreilles en six toros .

Il faut certainement rappeler que José Tomas a remis en scène les prestations de Paco Ojeda, qu’il a repris à son compte. Avec en plus une émotivité réelle, due à ces gestes fous qui le conduisent à se faire prendre par le toro. Le spectacle de Barcelone n’a pas failli à cette régle : face à un public tout acquis à sa cause, Tomas s’est fait bousculer à deux reprises, sous les Aie et les Ooh. Pour le reste, José Tomas, le torero le plus cher du moment, avec des contrats qui varient entre 300000 et 500000 euros par course, s’est montré
égal à lui-même. Des passes ultra serrées, des cites dans le dos et un aguante exceptionnel. Car il faut rendre à César ce qui lui appartient : il est capable d’arracher des passes au toro le plus récalcitrant. Comme ses deux Nunez del Cuvillo, faibles et qui ne voulaient pas jouer au jeu de la muleta.

Tous les observateurs avisés, José Tomas représente une union complète entre le style physique et celui d’un véritable artiste. Et c’est sans aucun doute ce qui lui vaut un grand renom, à une époque où l’on voit (trop) de toreros qui ne possèdent qu’un seul des deux aspects de ce qui constitue les qualités intrinsèques d’un torero. Là encore, les esprits chagrins ont la partie belle. José Tomas ignore peut être ce qu’est un véritable toro, puisqu’il n’affronte que des ersatz issus de ganaderias dites commodes. Qu’importe, en fin de compte. Les arènes de Barcelone, symbole s’il en est de la Catalogne actuelle, ont affiché un No hay billetes dont il faudra se souvenir. La revente a même atteint des sommets
inusités. Et ça, il faut bien le mettre au compte d’un torero nommé José Tomas.

Jean-Louis Lopez

jll

 

 

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