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JEAN LOUIS LOPEZ

Hoy se torea mejor que nunca

 

manzanares

Photo : El Tico - Arles 2009

L’usage de termes espagnols est monnaie courante dans le domaine tauromachique. Mais les aficionados sont de grands linguistes… alors traduire ce titre par Aujourd’hui, on torée mieux que jamais paraîtra inutile. Pourtant, cette formule est devenue un lieu commun depuis prés d’un demi-siècle. En effet, plus d’un critique taurin contemporain partage ce point de vue : les toreros actuels sont au sommet de leur art. Un exemple : la dernière faena de José Mari Manzanares face à un toro de Jandilla, lors de la récente Feria du Riz à Arles. Selon les observateurs les plus avisés, la faena du jeune Manzanares, faite de douceur et de lenteur, méritait un meilleur sort que celui accordé par la Présidence. Manzanares avait réalisé, selon son propre avis, l’une des meilleures prestations de sa vie de torero.

Les exemples de cet état actuel de la toreria ne manquent pas. Il vient à l’esprit immédiatement le cas de José Tomas, qui vient de triompher (encore) dans les arènes de Barcelone. Les aficionados présents dans la capitale catalane n’ont pas eu droit à une faena au ralenti, comme celle réalisée par Manzanares à Arles, mais ils ont pu assister à une véritable démonstration de maîtrise, une œuvre d’art complète où le torero et le toro ne font qu’un.

Et on peut citer les noms de Sebastien Castella, un torero français qui domine ses confrères ibériques, ainsi que ceux de Morante de la Puebla, Miguel Angel Perera, Javier Conde, El Juli, Alejandro Talavante ou Enrique Ponce.

Quand on assure que les toreros actuels toréent mieux que jamais, ce n’est pas faire injure aux toreros d’hier. Paco Camino, El Viti, Antonio Ordonez ont marqué leur époque.

Reste le point que l’on oublie souvent, ou que l’on passe sous silence. Le toro ! Quel rapport entre le toro d’hier et celui d’aujourd’hui ? Il est bien faible. Les éleveurs actuels ont fait d’énormes efforts sur la sélection et on obtient des animaux parfaitement adaptés à la lidia des toreros contemporains. Osera-t-on dire que la seule différence qui existe de nos jours entre les toros qui font la corrida est le trapio et l’état des cornes ? On voit en effet des toros dont le trapio fait défaut dans plus d’une plaza de première catégorie. Quant aux cornes, il y aurait beaucoup à dire… On comprend en tout cas l’attitude de nombreuses empresas qui mettent l’accent sur le vrai toro, l’animal auquel ne fait défaut ni le trapio ni une armure impressionnante.

Reste le cas des toreros acruels. José Tomas, avec son air l’enfant battu, s’est placé en dehors des circuits traditionnellement établis par les filières dites normales. Et il faut bien reconnaître qu’il s’en est bien sorti. Plus classique est la démarche de Sébastien Castella, qui occupe le poste le plus élevé dans la toreria actuelle. On n’a jamais connu de français à ce niveau là, mais on peut ajouter qu’un espagnol non plus. Castella n’a refusé cette année aucun contrat, en particulier à Madrid, qui comme chacun sait est la plaza qui fait les toreros.

Les outsiders sont nombreux. Le premier est sans aucun doute El Juli, fidèle à lui-même cette année. Il n’a pas éprouvé le besoin de se battre, puisqu’il a montré depuis plusieurs saisons qu’on devait compter sur lui. Ensuite, on trouve un groupe de toreros de grand talent, parmi lesquels Manzanares détient un poste primordial. Daniel Luque, Alejandro Talavante, Miguel Angel Perera le talonnent. Et puis, il y a Enrique Ponce. Le vétéran n’en finit pas de montrer des capacités énormes qui en font un torero hors du commun. Rien d’étonnant à ce que l’on retrouve ces toreros à l’affiche des Ferias les plus prestigieuses.

Et il faut bien dire que les faenas réalisés par ces toreros sont le plus souvent exceptionnelles On vous l’avait dit ; hoy se torea mejor que nunca…

Jean-Louis Lopez

Octobre 2009

 

 

 

 

 

 

 

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