PAROLES D’ARTISTE

 

georgette leblanc

A Madrid, je vis les courses de taureaux, le plus ignoble et le plus beau spectacle du monde. Quelque chose d’unique s’en dégage : un surcroît de vibrations, une somme de vie formidable à l’état brut. C’est elle qui se mêle et s’échange du cirque aux arènes. Pourquoi est-ce que je pense, par opposition, à Lourdes ? Admirable phénomène d’auto suggestion auquel collaborent des milliers d’êtres : ici l’exaltation de l’esprit, l’Idée crée des miracles ; là les forces primitives s’exagèrent et, saoulées de sang, tourbillonnent jusqu’à la mort dans une folie collective. Ce jour-là à Madrid et dernièrement à Lourdes, j’ai vu dans ses deux extrêmes la grandeur de l’humanité.

Des propos graves. Sans doute. Qui méritent analyse et, à coup sûr, réflexion. Des propos qui ne sont cependant qu’un point de vue, un sentiment, un simple témoignage auquel on pourrait ajouter des centaines d’autres témoignages.

L’auteur de ces lignes, publiées en 1931 dans Souvenirs (1895-1918), se nomme Georgette Leblanc. Peu de gens, malheureusement peut-être, ont conservé aujourd’hui le souvenir de cette artiste jadis célèbre, cantatrice à l’Opéra Comique, actrice dans de nombreux films, le plus important étant sûrement en 1923 L’Inhumaine de Marcel l’Herbier. Georgette Leblanc, dont le frère, Maurice Leblanc, créa le personnage d’Arsène Lupin, fut la compagne de l’écrivain Maurice Maeterlinck… avant de vivre aux côtés de l’américaine Margaret Anderson, jusqu’à sa mort en 1941.

Des propos graves. Sans doute. Qui méritent analyse et, à coup sûr, réflexion. Des propos qui ne sont cependant qu’un point de vue, un sentiment, un simple témoignage auquel on pourrait ajouter des centaines d’autres témoignages.

L’auteur de ces lignes, publiées en 1931 dans Souvenirs (1895-1918), se nomme Georgette Leblanc. Peu de gens, malheureusement peut-être, ont conservé aujourd’hui le souvenir de cette artiste jadis célèbre, cantatrice à l’Opéra Comique, actrice dans de nombreux films, le plus important étant sûrement en 1923 L’Inhumaine de Marcel l’Herbier. Georgette Leblanc, dont le frère, Maurice Leblanc, créa le personnage d’Arsène Lupin, fut la compagne de l’écrivain Maurice Maeterlinck… avant de vivre aux côtés de l’américaine Margaret Anderson, jusqu’à sa mort en 1941.

Plus récemment, Gérard Depardieu, un artiste contemporain bien connu, lui, a déclaré dans un quotidien régional qu’il n’avait jamais assisté à une corrida, mais qu’il en appréciait le rituel sublime… Quelques jours plus tard, une association anti-taurine invitait à un boycott des salles de cinéma où serait programmé un film avec Gérard Depardieu… On passera rapidement sur l’article du même quotidien, signé par un célèbre spécialiste des cérémonies parisiennes et mondaines, un personnage haut en couleurs qui fait souvent penser à ceux des romans de Françoise Sagan -ceux qui se noient dans un verre de whisky-, et qui précisait en l’occasion, si besoin en était, que la corrida n’est qu’un moment nauséeux qui attente à la dignité humaine, pas moins, et qui contribue à la banalisation de l’horreur. Des considérations qui ont du faire chaud au cœur aux journalistes du même quotidien qui écrivent sur la corrida tout au long de l’année. Et plus précisément, il y a peu de temps, sur le succès madrilène de José Tomas. Une illustration évidente de la liberté d’expression.

Nicolas Sarkozy et François Fillon n’ont jamais caché l’intérêt qu’ils portaient à la corrida. On va peut-être demander à ne pas voter pour eux ? Le boycott, remède à l’intolérance, il fallait y penser.

Jean-Louis Lopez

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