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Nationalisme, sectarisme, communautarisme et autres -ismes |
Il y a bien longtemps que la tauromachie est ouverte à tous les cieux et à tous les fidèles. On ne va pas revenir sur les cultes de Rome, de Grèce, de Crète, d'Inde ou d'Egypte pour reconnaître que c'est la péninsule ibérique qui a changé en spectacle cet opium du peuple. L'histoire est bien connue.
Après la religion, on est ensuite allègrement passé au commerce. Comme pour certains sports. C'est un peu les marchands chassés du temple, mais à l'envers. Et on pourrait gloser à perte de vue, et de temps, sur le bien fondé ou non de cette ( r )évolution , due à la main -pour ainsi dire- de l'homme.
La mauvaise foi, puisqu'il faut conserver un ton religieux, n'est pas le propre (sic) des ibères : en matière de corrida, le mépris le plus profond de l'évidence est la chose la plus partagée entre les nations. Taurines, bien entendu.
Parmi les critiques taurins du pays voisin , les plus âgés de préférence, il est difficile, voire impossible d'en trouver un pour admettre que les corridas des années 50 étaient pour le peuple espagnol semblables au panem et circenses des romains. Pas un seul ne se souvient de la fabuleuse et tapageuse publicité entreprise par la presse dite du Mouvement , c'est à dire la presse franquiste, sur le spectacle de la corrida. Et celui du football, d'ailleurs. Les premiers stades à grande capacité ? Espagnols. Le premier club à portée internationale? Le Real de Madrid…
Les esprits chagrins en profiteront pour poser à nouveau la question à dix sous : la corrida est-elle de droite ou de gauche ?
Saugrenu et inutile. De nos jours, les propriétaires terriens n'ont plus rien en commun avec leurs aînés des années 36, les maletillas ont disparu et les toreros passent d'abord par l' école…
Le petit monde de la corrida conserve pourtant aujourd'hui des égoïsmes qui ressemblent à s'y méprendre à des crises de nationalisme exacerbé.
Deux exemples concrets le montrent : Sébastien Castella, que l'on compare souvent à un pur sévillan…en oubliant qu'il est né à Béziers…
Second cas du même type : un cheval ! Il se nomme Merlin , et c'est Pablo Hermoso de Mendoza qui obtient avec lui des succès étonnants. Le problème est que cet enchanteur Merlin s'appelait d'abord Orfeo , né à Chateauroux dans l'élevage de Jacques Bonnier, d'une jument provenant de l'élevage des frères Peralta. Orfeo était jusqu'à l'année dernière la propriété du rejoneador français Rafi Durand, qui l'a vendu à Hermoso de Mendoza …
Vous pouvez écouter ou lire les commentaires des critiques espagnols, on ne parle que du talent, certes grand, de son actuel cavalier. Pas des origines du cheval. Inutile de répéter que Joao Moura, autre cavalier célèbre, a débuté avec les chevaux d'un confrère qui se nommait Nuncio. Ce que tout le monde a dit et dit encore.
La mémoire, c'est bien connu, s'arrête aux Pyrénées.
Jean-Louis LOPEZ
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