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LE SANG QUOTIDIEN |
Les triomphes d’Enrique Ponce et de El Juli, un toro gracié après avoir été combattu par Julien Lescarret , les difficultés de Luis Manuel Lozano a obtenir des arènes de Mexico une modification du contrat déjà signé par Luis Alvarez et concernant Sébastien Castella, la sourde oreille des responsables de ces mêmes arènes de Mexico face à la rumeur grandissante causée par les succès obtenus en province par Joselito Adame, la réussite de Victor Mendes lors d’un festival à Quito…La saison américaine se déroule tranquillement pendant que les éleveurs espagnols font leurs comptes pour connaître le nombre de toros de quatre ans qu’ils auront en 2008.
En Espagne comme en France, les journaux spécialisés publient les chiffres et statistiques concernant la temporada écoulée et parmi les bilans soigneusement établis, celui qui comptabilise le nombre de blessés par corne de toro est particulièrement impressionnant.
Le site espagnol Mundotoro rappelle en effet qu’en 2007, il y a eu en France, Espagne, Portugal et dans les pays d’outre Atlantique où se déroulent des corridas 151 blessures importantes provoquées par les toros… Soit une bonne trentaine de plus qu’en 2006 !
Dans le courant de la saison qui vient de s’achever, les aficionados ont apprécié les prestations de plusieurs toreros, jeunes ou déjà confirmés, comme Alejandro Talavante, José Maria Manzanares ou Miguel Angel Perera, parmi les premiers , El Juli, Juan Bautista, Enrique Ponce ou Manuel Cid, pour les seconds.
En France, la maladie de la langue bleue n’a pas eu les conséquences funestes qu’on craignait et le nombre des spectacles de l’année est semblable à celui de la période précédente.
Mais le chiffre de 151 blessures subies par ces hommes qui portent le costume de lumières mérite sans aucun doute une réflexion.
On a l’habitude de parler de risques du métier, de hasard ou de fatalité. Pour les aficionados, la cornada fait partie de la corrida, comme les accidents de la route pour les automobilistes. Inutile d’évoquer les anti, pour qui c’est bien fait ou il n’a eu que ce qu’il mérite sont la curieuse et vindicative réponse à ce qui est souvent un drame humain. Il faut seulement ajouter que dans une très large majorité des cas, le torero blessé a tout fait pour revenir rapidement dans les arènes, et que souvent,il l’a fait alors que les points de l’opération marquaient encore son corps. Il ne s’agit pas pour autant de comparer le torero à un surhomme ou un héros. Ni de répéter une fois encore qu’il joue avec la mort chaque jour à 5 heures de l’après midi. Ni d’accumuler une fois de plus les mots de courage, honneur, passion ou sacrifice.
En 2007, des milliers de spectateurs se sont assis sur les gradins des plazas de toros. Et le sang des toreros a coulé 151 fois.
Jean-Louis LOPEZ