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Catalunya ? Olé ! |
C'est donc le socialiste José Montilla qui a été élu le 24 novembre dernier à la présidence de la Generalitat catalane. Les élections du 1 er novembre avaient permis au Parti Convergencia i Unio d'obtenir 27 députés au Parlement, le Parti des socialistes de Catalogne, qui réunit le PSC, Parti socialiste catalan, et le PSOE, en avait obtenu 25, tandis que la Gauche républicaine catalane, l'ERC, en obtenait 11.
Après les négociations d'usage, les trois partis se sont retrouvés autour d' une plateforme commune et ont élu un président du PSC…
Les aficionados catalans, qui n'ont pas oublié le projet de loi d'abolition de la corrida proposé par l'ERC, sont satisfaits de voir ce parti en position d'infériorité… Mais quand on connaît les convictions de José Carod-Rovira, président de l'ERC, et de Jordi Portabella, adjoint au maire de Barcelone, on peut s'attendre à voir réapparaître l'idée abolitionniste.
Les élections catalanes ont également permis la découverte d'un parti nouveau, celui des Ciutadans, le Parti de la Citoyenneté , animé, entre autres, par l'écrivain et homme de théâtre Albert Boadella… Lequel figurait dans l'équipe de Simon Casas lors de l'adjudication pour la direction des Arènes de Madrid. Inutile de préciser que pour Boadella, comme d'ailleurs pour Simon Casas, la tauromachie est une culture.
Ce groupe de citoyens, qui n'était structuré que depuis quelques mois et obtient trois députés au Parlement , avait clairement annoncé son désir de tordre le cou aux idées de catalanisme exacerbé proclamées depuis plusieurs années par d'autres partis.
Et comme le président socialiste Montilla a dit pour sa part qu'il voulait « donner la priorité à la politique sociale et mettre de côté la revendication nationaliste », les craintes des aficionados pourraient bien s'éloigner…
L'occasion rêvée pour rappeler une histoire vieille de …405 ans, presque jour pour jour ! Le 3 décembre 1601, à Barcelone, bien sûr, avait lieu une corrida qui célébrait la naissance de la fille du roi Philippe III, la petite Ana Maria Mauricia, ou Anne de Habsbourg, celle que l'univers entier connaîtra sous le nom d'Anne d'Autriche et qui avait vu le jour le 22 septembre 1601 à Valladolid.
Cette Fiesta Real se déroula sur la Plaza del Born, aux pieds des murs de la Basilique Santa Maria del Mar.
Ne manquez d'ailleurs pas de vous promener aujourd'hui dans les sombres et étroites ruelles du Quartier del Born, situé entre la Via Layetana et le Parc de la Citadelle , au dessus de la Gare de France et du quartier de la Barceloneta. La basilique Santa Maria del Mar, église gothique du XIV° siècle, était alors plus proche de la mer qu'elle ne l'est de nos jours, le mot catalan born signifiant rive .
El Born est maintenant un véritable petit village au cœur de la ville, et vous y trouverez, parmi les boutiques de maîtres verriers, de designers ou de luthiers, entre les bars et restaurants branchés , le Musée Picasso, dans la Calle Moncada.
Ce 3 décembre 1601, Barcelone vivait donc au rythme des jeux taurins, pratiqués par de courageux chevaliers catalans, qui « étonnaient par leur audace, triomphaient par leur prestance et séduisaient par leur grâce », comme l'écrit Vicente Espinel dans sa Vida del escudero Marcos de Obregon .
Ces vaillants chevaliers, les premiers toreros de l'histoire de la tauromachie catalane, ne savaient pourtant pas qu'Anne, cet enfant dont ils étaient les parrains d'un jour, allait connaître une vie d'exception…
Celle qui deviendra Anne d'Autriche sera en effet Reine de France en épousant Louis XIII… Et vous la connaissez encore mieux grâce au personnage des Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas, ses déboires avec Richelieu, l'histoire des ferrets de la Reine …
Faut-il penser que la Catalogne actuelle a besoin d'un torero comme le chevalier d'Artagnan ? Sans doute.
Et puisqu'il faut revenir à nos taureaux, observons simplement que José Montilla, président de la Generalitat catalane, a été ministre du gouvernement Zapatero, d'avril 2004 à septembre 2006, en charge de l'industrie, du commerce et du tourisme. Le commerce et le tourisme, pensez… Les dômes aux allures mauresques de la Monumental de Barcelone en frissonnent de plaisir. En pensant aux belles Ferias de la Merced qui voyaient s'emplir les gradins jusqu'au sommet.
Jean-Louis Lopez
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